Napoléon libère ses vieux millésimes

Par Guillaume Perrin, le 20/05/2018 (mis à jour le 04/06/2018 à 10:25)
Napoléon libère ses vieux millésimesLa marque née à Vertus crée une œnothèque pour valoriser ses vins plus que vingtenaires.
  • Johan Jarry est le chef de cave et le directeur du champagne Napoléon. © G. Perrin
La marque née à Vertus crée une œnothèque pour valoriser ses vins plus que vingtenaires.
 

La maison de Champagne Napoléon, «  aussi modeste que son nom est grand  » de l’aveu du chef de caves Johan Jarry, s’apprête à faire du neuf avec du vieux.
La marque déposée en 1907 fait partie du giron de la coopérative « La Goutte d’Or » à Vertus, et produit 40 000 flacons produits par an, dont 60 % sont destinés aux marchés export. Le champagne Napoléon s’appuie sur un bassin d’approvisionnement de 120 ha, dont une majorité de Premiers crus de la Côte des Blancs.
Tout en remodelant son site web afin de le rendre conforme aux standards de navigation actuels, la création d’une œnothèque vise à « rendre accessibles » des vins âgés de plus de 20 ans.
« Le champagne Napoléon possède une véritable mine d’or que l’on n’exploite pas. Dans mon parcours d’œnologue, j’ai ouvert quelques œnothèques, et je me suis toujours dit qu’il était dommage que ces dernières restent souvent élitistes. L’idée est de respecter le stock disponible, le discours et le patrimoine à préserver pour mes successeurs, et savoir ce que l’on fait de cette œnothèque. En réfléchissant à la relance de la marque, on a joué sur les anachronismes, en rendant disponibles ces vins d’œnothèque uniquement par la voie numérique », explique Johan Jarry, également directeur de la marque.
Le plus vieux millésime, 1964, ne sera pas mis en valeur par cet exercice du fait du faible nombre de flacons disponibles. Cette première déclinaison de l’œnothèque Napoléon concerne les millésimes 1992, 1996 et 1998, dosés il y a plus de 10 ans, de 2005 à 2008. «  L’objectif est de sortir dans quelques mois les mêmes vins, mais récemment dégorgés, tout en s’assurant que le niveau de stocks soit suffisant  », ajoute le chef de caves.
Pour Johan Jarry, il s’agit bien plus que de mettre en vente des stocks de champagnes oubliés. « L’œnothèque est à la fois le cœur et l’esprit de notre maison. Le cœur, car elle représente ce qui a animé et passionné nos dirigeants à chaque millésime. L’esprit, car chaque cuvée a été élaborée dans l'idée bien précise de transmettre le style Napoléon. C’est dans ce principe de transmission et de partage que j’ai voulu donner accès à quelques flacons de notre Œnothèque Napoléon. Avoir la possibilité d’acquérir et de découvrir l’expression de ces vins d’exception dont l’évolution, parfois surprenante de fraîcheur ou de maturité, vous montre la mesure du temps. Le développement des arômes tertiaires, les étapes ultimes de l’autolyse des levures, l’oxydation ménagée suite au dosage ne sont que quelques éléments qui donneront une évolution différente au champagne ».
Le millésime 1992 révèle au nez des notes initiales de noix puis de miel et de fruits secs. Après un moment d’aération, c’est un univers épicé qui se présente. La bouche est ample et volumineuse, et se démarque par une finale gourmande de caramel beurre salé.
L’année 1996, maintes fois millésimée en Champagne, met en avant des notes de fruits frais puis d’agrumes confits. L’attaque, tout en tension et en équilibre, présente des arômes de pêche de vigne. La finale citronnée est d’une belle longueur et évolue sur des notes de brioche toastée.
Quant à 1998, son nez fait élégamment le trait d’union entre la puissance du pinot noir et la finesse conservée du chardonnay. Aux notes délicates de miel et d’acacia succèdent des volutes de brioche beurrée. En bouche, la vivacité persistante affiche un bel équilibre entre l’opulence et la matière. Ici aussi, le vin évolue en se réchauffant vers un aspect beurré, caramélisé, avec des notes de torréfaction en finale.
Chaque client peut acquérir un maximum de six flacons par millésime. Les années 1992 et 1998 sont disponibles sur la boutique nouvellement mise en ligne du champagne Napoléon (90 euros), tout comme le millésime 1996 (95 euros).


Vos réactions :

Accès abonnés
Accès abonnés
Edition numérique
Journal en ligne
Annonces légales
Annonces légales
Dossiers
Dossiers
Abonnez-vous
Abonnez-vous