Un demi-siècle et de nouveaux défis pour AS Entreprises

Par Guillaume Perrin, le 09/06/2018
Un demi-siècle et de nouveaux défis pour AS EntreprisesPour son 50e anniversaire, le centre de gestion du Groupe FDSEA 51 a « fait son cinéma » en organisant son assemblée générale le 29 mai au cinéma Gaumont de Thillois.
  • Thierry Fournaise et Gilles Pellerin, président et directeur délégué d'AS Entreprises. © G. Perrin
  • Les anciens responsables professionnels et directeurs du centre de gestion de la FDSEA de la Marne réunis pour ce 50e anniversaire © G. Perrin
Pour son 50e anniversaire, le centre de gestion du Groupe FDSEA 51 a « fait son cinéma » en organisant son assemblée générale le 29 mai au cinéma Gaumont de Thillois.
 

Croissance du numérique, rajeunissement des effectifs, soutien aux agriculteurs en difficulté… La dernière assemblée générale d’AS Entreprises, qui a marqué les 50 ans du centre de gestion issu de la FDSEA de la Marne, a connu un ordre du jour chargé.
Après la crise agricole qui a lourdement touché les bilans de l’an dernier, le trésorier Régis Jacobé observe un «  petit redressement dans le résultat  ». Le chiffre d’affaires du dernier exercice s’établit à -0,86 % (12,058 millions d’euros) : l’augmentation du seuil en micro BA a conduit un certain nombre d'agriculteurs à cesser d’avoir une comptabilité réelle. Et la conjoncture a pu pousser une partie des clients à faire du tri dans leurs contrats. Cependant, Régis Jacobé met en garde contre « ces économies qui n’en sont pas ».
La trésorerie se comporte bien (+155 000 euros) ; mais compte tenu de la baisse des taux d’intérêts, le bilan affiché reste moins bon que celui présenté lors de l’assemblée générale 2016. Le résultat progresse quant à lui de 32 500 à 82 000 euros, notamment grâce à «  un travail formidable sur la maîtrise des charges de structure  ».
Fait marquant de l’année, la progression de la masse salariale est un choix assumé, visant à anticiper les sept départs en retraite à venir par une forme de « tutorat  ». « La transition devrait se faire sans tracas pour nos clients », assure Régis Jacobé.
Concernant les investissements, l’exercice écoulé est «  une petite année  », et l’on devait observer un retour à la normale courant 2018 : la numérisation du traitement des données nécessite des équipements informatiques spécifiques.

Maîtriser ses charges

En présence des anciens présidents et responsables professionnels – Nicole Songy, Bruno Loillier, Christian Moniot et Xavier Morel –, le directeur délégué Gilles Pellerin a livré un bilan de l’année.

Au 31 décembre 2017, AS Entreprises compte 3 467 adhérents, dont 2 540 agriculteurs et viticulteurs. Mais une augmentation inquiète : en trois ans, le nombre de dossiers suivis par la cellule Reagir de l’Adasea, qui suit les agriculteurs en difficulté, a doublé pour dépasser la centaine de cas (104). La chute du résultat à l’hectare en moyenne quinquennale est spectaculaire : -260 €/ha toutes régions confondues (Champagne crayeuse et Est/Ouest Marne).
« Après une très mauvaise année agricole 2016, nous attendions une meilleure année 2017. Ce ne fut pas le cas, et pour certains adhérents, les difficultés se sont malheureusement amplifiées, pouvant compromettre l’avenir de leur entreprise », regrette le directeur, qui glisse quelques conseils aux exploitants pour envisager plus sereinement l’avenir. « Dans cette période, il est indispensable de bien connaître ses coûts de production pour mieux maîtriser ses charges, notamment de mécanisation, pour optimiser sa commercialisation et repenser sa stratégie. Des formations sur ces thèmes vous sont régulièrement proposées et je vous invite à vous inscrire  ».
Autre enjeu fort du moment : la numérisation de la comptabilité à destination des artisans, prestataires de services, et bientôt du secteur agricole et viticole, suit son cours : « la dématérialisation des factures et leur intégration automatique sont engagées, comme nous l’avons annoncé en 2017 », rappelle Gilles Pellerin. Pour élaborer leur document unique d’évaluation des risques, 150 entreprises bénéficient d’un accès à l’outil web Systera, qui a été développé par la FNSEA .
Mais certaines démarches pèsent sur l’activité du centre de gestion. Le directeur cite notamment les quelque 1 800 déclarations des « bénéficiaires effectifs » déposées au Greffe, mais aussi l’examen périodique de sincérité. «  Ces interventions obligatoires n’apportent pas de valeur ajoutée à votre entreprise. Elles viennent souvent se superposer les unes aux autres et suscitent de votre part des réactions d’agacement, et de rejet », fait savoir Gilles Pellerin. Les déclarations PAC mobilisent elles aussi chaque année plusieurs conseillers d’entreprise pendant un mois et demi. En 2017, FDSEA Conseil a ainsi réalisé 550 déclarations.
Dans le domaine juridique, en 2017, les juristes de FDSEA Conseil ont rédigé 400 actes, concernant notamment la création et les modifications de sociétés. Au quotidien, les comptables suivent 2 070 sociétés dans leurs obligations annuelles.

« Privilégier l’usage à la propriété »

Le président délégué d’AS Entreprises, Thierry Fournaise, a retracé l'histoire de ce qui était jadis le Service économique et fiscal de la FDSEA de la Marne (SEF). « Au cours de ces belles années, comme des moins bonnes, le SEF – devenu AS Entreprises – nous a toujours accompagnés, fidèle à ses valeurs : proximité, promotion des Femmes et des Hommes, esprit collectif  ».
L’agriculteur de Châtillon-sur-Morin a noté plusieurs défis à relever pour le centre de gestion, face à des modèles agricoles et viticoles en pleine évolution. « En premier lieu, celui de la transition écologique et dans ce domaine la pression sociétale est forte. Nous nous dirigeons à grands pas vers une agriculture et une viticulture moins consommatrices d’intrants et d’énergie, tout en maintenant un niveau de production élevé en quantité et en qualité ».
Si l’environnement est une donnée à prendre en compte, il ne faut pas pour autant laisser de côté l’univers économique dans lequel évoluent les agriculteurs. « Nous devons également faire face au défi de la libéralisation économique. Une économie de marché ouverte avec, certes des opportunités à l’export, mais aussi des variations importantes des prix, une volatilité qui déstabilise, détruit. Il faut donc désormais absolument intégrer la gestion des risques dans le raisonnement d’entreprise agricole ».
Et dans un contexte d'optimisation des charges d’exploitation, le président a dévoilé quelques pistes d’amélioration. « Il peut être plus intéressant aujourd’hui de privilégier l’usage sur la propriété dans bien des domaines, et de ne pas chercher systématiquement à acheter, mais à partager les investissements par de la copropriété, de la sous-traitance ou de la location ».
C’est pourquoi AS Entreprises a investi le domaine du co-farming par des partenariats avec plusieurs start-up : Wefarmup (location de matériel) et Miimosa (financement participatif), Échange Parcelle, Piloter sa ferme (pour gérer sa commercialisation), mais aussi avec des fonds d’investissements agricoles tels que Labeliance. « Le numérique n’est pas le moteur, mais un moyen pour accélérer cette agriculture plus collaborative  », a conclu Thierry Fournaise.

Une toile pour se projeter

Clin d’œil au cinéma qui a hébergé cette assemblée générale, deux films ont clos la réunion statutaire. L’un était consacré au club Viti Business, qui soufflera sa deuxième bougie en juillet : «  dans une période où nos adhérents viticulteurs manipulants peuvent s’interroger sur les baisses des ventes de champagne et sur les nouveaux comportements des consommateurs, FDSEA Conseil propose depuis juillet 2017 un accompagnement pour établir leur stratégie commerciale, la mettre en place à leurs côtés et assurer un suivi », explique Gilles Pellerin.
Et les services numériques font l’objet d’une habile campagne de communication, où le spectateur se met dans la peau d’un agriculteur marnais, dans un avenir pas si lointain. De quoi dévoiler l’ambition du Groupe FDSEA, qui consiste à développer un écosystème de services, qui ont aussi bien trait à l’équipement qu’à la commercialisation.


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