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Sachons nous limiter, plantons moins !

En conclusion du congrès 2012 de l’UNPT, le président Patrick Trillon a émis quelques conseils pour la prochaine campagne. Une recommandation formulée par plusieurs représentants de la filière ce 2 février à Reims.

09 février 2012 La Marne Agricole Vu 1770 fois 1 réactions
Un peu moins de surfaces emblavées en pommes de terre en 2012 pour une meilleure adéquation entre l’offre et la demande : tel est le souhait de l’UNPT.

Un peu moins de surfaces emblavées en pommes de terre en 2012 pour une meilleure adéquation entre l’offre et la demande : tel est le souhait de l’UNPT. - © JC Gutner

Se rassembler en congrès annuel permet non seulement aux producteurs de pommes de terre de parler d’actualités (la crise, les prix, etc.) mais aussi de se projeter dans la future campagne. Une campagne 2012 qui, si elle suit les tendances précédentes, devrait voir ses surfaces augmenter légèrement. Et ses rendements aussi (voir encadré). «Or, on ne peut continuellement accroître les quantités mises en marché au risque de déséquilibrer le marché», estime Patrick Trillon.

10 000 ha potentiellement en trop
Pour le président de l’UNPT, il faut que chacun participe à la dynamique du marché pour la pomme de terre de consommation, et donc que chacun joue un rôle dans sa régulation. «Nous sommes tous co-responsables des quantités mises sur le marché, poursuit-il. Le marché libre est parfois très déséquilibré et pour atteindre un équilibre, vu les rendements atteints ces dernières années, il faudrait des emblavements autour des 100 000 hectares.»

Or l’année passée, la France cultivait environ 110 000 ha. Soit 10 000 ha potentiellement en trop. «Il faudrait que cette année, nous plantions moins. Sachons nous limiter !», lance avec persuasion le président à l’assemblée présente ce 2 février à Reims. L’objectif : arriver à une bonne adéquation entre l’offre et la demande.

Patrick Trillon, soulignant que les producteurs pouvaient être fiers d’eux, a par ailleurs émis un autre souhait pour la future campagne : «que davantage de pommes de terre soient transformées sur le territoire français afin de conserver notre valeur ajoutée». Car la balance commerciale est déficitaire dans ce secteur, contrairement au marché du frais. Trop de produits sont ainsi transformés hors de l’Hexagone. Une tendance qu’il serait bon de renverser.

 
Alain Dequeker, administrateur UNPT et producteur dans le Nord, évoque cette campagne «record».

Alain Dequeker, administrateur UNPT et producteur dans le Nord, évoque cette campagne «record». - © A. Rolin

Les rendements ne cessent d’augmenter
Faisant un point sur la campagne en cours (2011/2012), l’administrateur de l’UNPT Alain Dequeker a évoqué la production «record» au niveau européen. «On avoisine 27 millions de tonnes alors qu’en 2011, elle était inférieure à 25 Mt», annonce le producteur d’Avesnes le Sec (Nord). La Belgique est proche des 4 Mt, l’Allemagne des 9 Mt, la France tout comme l’Angleterre des 5,2 Mt et le reste étant produit par les Pays-Bas. «Cette progression est due à d’excellents rendements et des surfaces en progression. En rendement, cette année, on est d’ailleurs au-delà des 50 tonnes/hectare», complète Denis Andry, administrateur de l’UNPT et producteur dans l’Aube. La France gagne donc réellement en rendement. Et on parle de quelques tonnes supplémentaires par hectare depuis 2000. «C’est évident que l’innovation variétale y est pour quelque chose», reconnaît Alain Dequeker. La filière pomme de terre se retrouverait donc devant le même constat que la filière betterave, devant une augmentation régulière de la productivité.

 

Le complément fécule 2010 peut-être pour bientôt…
Dans son discours de clôture, Patrick Trillon ne s’est pas contenté de s’adresser uniquement aux producteurs et de vivement leur recommander de baisser leurs surfaces pour 2012. Le président de l’UNPT s’est aussi adressé à un jeune représentant du ministre de l’Agriculture présent dans la salle. Ainsi, il a une nouvelle fois demandé aux politiques de soutenir les producteurs. «Certains attendent encore leur complément en fécule de l’année 2010», a-t-il déploré. Une requête «entendue» par Matthieu Grégory, porte-parole de Bruno Le Maire, qui a annoncé un délai «relativement rapide» pour réparer cet «oubli». A suivre de près…
Autre sujet sur lequel le représentant du ministre de l’Agriculture s’est fait interpeller : l’autorisation de certains produits comme Amistar chez nos voisins européens qui ne le sont pas de l’autre côté de la frontière, autrement dit sur l’Hexagone ! Un manque d’équité entre les pays producteurs qui irrite grandement la filière. Un sujet sur lequel l’UNPT tenait à attirer l’attention des pouvoirs publics et sur lequel Matthieu Grégory a promis un déblocage de situation d’ici la «mi-mars». Ce délai a été hué par l’assemblée présente à Reims, Eric Delacour (vice-président de l’UNPT) en tête, qui réclame une réponse «pour demain».
A suivre donc également...

 
Benoît Piétrement, président de la FDSEA de la Marne.

Benoît Piétrement, président de la FDSEA de la Marne. - © A. Rolin

S’inspirer du monde du champagne
Dans les autres discours prononcés ce 2 février dans le cadre du Congrès de Reims, il y en a un formulé par un autre président qui a séduit et interpellé l’assistance : les propos tenus par le président de la FDSEA 51, Benoît Piétrement.
Le producteur, qui ne fait pourtant pas de pommes de terre mais qui a rappelé l’importance de cette production dans la Marne, a clôturé les travaux de la matinée. Avec entrain et dynamisme, il a montré son attachement à cette filière, parlé de l’importance du syndicalisme pour des dossiers comme l’irrigation. Il a aussi dévoilé un certain optimisme face à cette crise économique «qui remettra peut-être les pendules à l’heure».

Le président marnais a également parlé de son département agricole où «3 % des surfaces représentent 70 % du chiffre d’affaires». La filière viticole champenoise a en effet de quoi être enviée… Une filière qui était de nouveau, un peu plus tard dans les débats, regardée de près : «Dans le monde du champagne, ils ont compris l’intérêt d’une interprofession forte qui regroupe tous les acteurs, à la fois les producteurs, les maisons de
champagne et le monde du négoce. Cette interprofession, il s’agit du CIVC (Comité interprofessionnel des vins de champagne», déclarait Pascal Foy. Le président de la féculerie d’Haussimont (51) voulant insister sur l’importance de croire en l’interprofession. Mais comme le soulignait Benoît Piétrement avec persuasion et humour en préambule de son discours : «C’est comme au poker. L’important, ce ne sont pas les cartes que vous avez en main mais ce que vous en faites». A bon entendeur !

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    LE RUSSES FONT BIEN DU SCHNAP..... EN FRANCE L'éthanol ?????? LES AGRIS DOIVENT Y CROIRE ET GARDER LA PATATE!!!!! VIVE LA FRANCE.....agricole!!!! J V

    verdelet jean - le 11 février 2012 à 07:48:04

 
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