La maladie du poumon de fermier : fréquente et souvent méconnue
Parmi les maladies respiratoires que peuvent rencontrer les agriculteurs, la maladie du poumon de fermier est la plus fréquente puisqu’elle touche environ 1 à 2% des producteurs laitiers.
La petite taille des spores de moisissures est à l’origine du danger. Une tête d’épingle peut en contenir 250 000. Un agriculteur peut en respirer 750 000/minute. Avec l’évolution des techniques agricoles, le type de moisissure a changé avec apparition de nouveaux allergènes. La prolifération de ces micro-organismes est accentuée par l’altitude et la pluviométrie durant la fenaison, par la densité en campagnols qui constituent des monticules de terre ou tumuli interférant dans le séchage du foin et du conditionnement des fourrages en balles rondes.
Cette maladie est une affection respiratoire de mécanisme allergique. Elle se manifeste par un syndrome pseudo-grippal associant fièvre, frissons, courbatures, toux, gène respiratoire qui survient de façon retardée 4 à 8 heures après l’exposition aux poussières et aux moisissures. Ces troubles apparaissent quelques heures après la manipulation de foin humide. Ces symptômes peuvent se reproduire pendant l’hiver plusieurs jours de suite et pendant plusieurs semaines.
Dans d’autres cas, les symptômes sont moins francs avec une apparition progressive d’une fatigue, un amaigrissement et un essoufflement à l’effort avec une toux banale. Un tiers des patients ayant développé une maladie aigue ou subaigue garderont une insuffisance respiratoire chronique séquellaire, et avec parfois évolution vers le décès.

La prolifération de moisissures est à l’origine du danger et est accentuée par la densité en campagnols. - © D.R.
L’arrêt de l’exposition est le meilleur traitement
Le traitement repose sur l’éviction ou la réduction de l’exposition aux micro-organismes (foin moisi) et la corticothérapie (corticoïdes). L’arrêt de l’exposition est le meilleur traitement. Cela peut être difficile tant chez le salarié qui doit se reclasser ou chez l’exploitant qui peut difficilement se reconvertir.
La prévention technique collective cherche à limiter le développement et l’émission de ces poussières et micro-organismes. Il faut limiter l’humidité d’où l’intérêt de fractionner la récolte et sûrement l’utilisation de sondes d’humidité sur les presses, améliorer l’aération, ventiler les lieux de stockage ainsi que limiter le contact avec les moisissures. Au niveau individuel on utilise des masques de protection respiratoire. soit un masque à ventilation libre en papier ou cartonné jetable de type P2 soit un demi-masque souple et étanche avec filtre, soit un masque à ventilation assistée avec petite pompe portée à la ceinture plus efficace mais plus volumineux. Les masques et les filtres doivent être changés régulièrement, stockés dans un endroit sec non contaminé, à l’abri de la lumière dans une boîte hermétique. Le choix des tissus des vêtements de travail ainsi que leur entretien est aussi important pour ne pas pérenniser l’exposition.
Dès l’apparition de signes d’alerte survenant pendant ou après le travail qui font suspecter une pathologie pulmonaire professionnelle agricole, il est impératif de consulter votre médecin généraliste qui pourra faire des examens et vous orienter vers un spécialiste si nécessaire.
Rapprochez-vous des services de la MSA. Ils vous aideront dans vos démarches de prévention (service «santé sécurité au travail») dans les modalités éventuelles de déclaration de maladie professionnelle, et les éventuelles possibilités d’aides financières.
Pour tout renseignement appeler le 0 810 51 04 03.
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