Truffes : un potentiel qu´il convient de mieux valoriser
Dans le domaine trufficole, les années se suivent mais ne se ressemblent pas. Si 2003 a été décevante (suite à la grande sécheresse du printemps), la récolte est qualifiée de bonne en 2004, avec atteinte, dans certains cas, du seuil de rentabilité/ha.
Mais un bémol non négligeable doit être apporté à ce constat : les récoltes sont très variables en fonction des terrains (importante de l´épaisseur d´argile sur craie) et du milieu naturel (présence de bas fond, de bassin versant ?). Le choix du lieu est donc capital pour implanter une truffière. Ceci fut rappelé lors de l´assemblée générale de l´Association marnaise des producteurs de truffes, le 28 janvier à Matougues.
Le président Benoît Jacquinet soulignait que 2004 avait été riche en enseignements.
En outre, les activités menées par l´association ont été importantes, parmi lesquelles les visites organisées dans des truffières pour les futurs planteurs et pour les propriétaires forestiers intéressés par une éventuelle présence de truffes sur leurs terrains. Il ressort également que la récolte en vergers truffiers progresse, mais moins qu´en milieu naturel. Il conviendra d´affiner les données, notamment sur les types de sols à utiliser.
C´est la raison pour laquelle les responsables demandent aux producteurs de transmettre à la Chambre d´agriculture de la Marne (qui est la seule, dans la grande région, à mettre à disposition d´une telle association un technicien, même à temps partiel), leurs résultats (sous anonymat). Un bilan de plantation et d´expérimentation était relaté par Marc Tétard (technicien de la Chambre d´agriculture).
Il rappelait que la Marne faisait de plus en plus le choix de la diversification des essences pour les plantations, en raison des maladies existant et des exigences de la truffe de Bourgogne en quantité de lumière. Une dizaine de variétés différentes sont actuellement utilisées, même si la base demeure le noisetier. L´objectif du contrat de plan Etat-Région est de vérifier les divers facteurs conditionnant l´entrée en production, la production et son suivi dans le temps en fonction des lieux géographiques et de la météo. De telles études ne peuvent livrer leurs conclusions qu´au bout d´une quinzaine d´années pour le pin noir par exemple.
Des atouts
Le président Jacquinet soulignait la nécessité d´anticiper (d´au moins un an) les projets de plantation afin d´éviter des ruptures d´approvisionnement de plants chez les pépiniéristes. Chacun s´accorde sur les atouts que représente la culture de la truffe tuber uncinatum (diversification pour les agriculteurs, culture respectueuse de l´environnement, complémentarité avec la truffe melanosporum qui ne se récolte pas au même moment ?) même si elle n´est pas encore "payante".
Pour faire avancer la situation il conviendra de développer l´expérimentation, d´établir un carnet de suivi pour les planteurs, d´insister sur les données de récolte, de localiser les arbres producteurs sur des plans, d´utiliser la base de données pour un suivi intra-parcellaire, de créer et d´encadrer un marché aux truffes.
Benoît Jacquinet insistait en outre sur la nécessité de dresser de nouveaux chiens pour répondre à la demande future, sachant qu´il faut passer tous les 10 jours dans une truffière produisant bien : "Il y a de plus en plus d´adhérents qui vont récolter. Or nous ne possédons que quatre chiens actuellement. Notre association ne pourra donc pas répondre aux besoins de tous les adhérents. Ceux-ci doivent, en conséquence, prendre leurs dispositions pour avoir leur propre chien, sachant que trois ans sont nécessaires pour confirmer un animal".
La production trufficole marnaise se heurte donc pour l´instant à sa jeunesse (les premières plantations ont débuté vers 1985) et donc à un manque d´expérience. Elle pourra prendre son rythme de croisière et satisfaire à une vocation économique si tous les éléments ci-dessus se concrétisent. Pour l´instant, ainsi que le rappelait à juste titre Benoît Jacquinet, "ceux qui veulent se lancer dans cette culture doivent être motivés, plutôt que de chercher des avantages financiers immédiats".
Partant de là, on comprend donc que le programme des activités 2005 soit chargé : suivi et encadrement des plantations existantes, enrichissement de la base de données, préparation d´un marché aux truffes à Matougues, accompagnement des futurs caveurs (chiens) et répondre à la demande des propriétaires forestiers pour la prospection, sans oublier, la volonté de participer plus intensément au salon de la gastronomie de Châlons en Champagne, en novembre.
B. Barboyon
Vos réactions
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Bonne année 2012! Pouvez-vous répondre à ma question ou m'indiquer à qui je peu m'adresser? Je voudrais avoir une idée du nombre de trufficulteurs en Lorraine, Champagne-ardennes et Alsace. Dans l'attente de votre réponse, Agnès Guilliot
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