La FDSEA maintient la pression
Mardi 5 avril, une vingtaine d’exploitants agricoles, huit tracteurs, ont été mobilisés pour retourner une parcelle de 7 hectares du parc d’Activités de la Croix Blandin à Reims en friche depuis plusieurs années. Cette mise en culture s’est faite au profit de l’Accir (Association champenoise de coopération inter-régionale), organisation à but non lucratif dont une des missions essentielles est d’accompagner des organisations rurales d’Afrique de l’Ouest. En effet, la récolte de tournesols, en lien avec Champagne Céréales, issue de cette opération coup de poing et les bénéfices retirés, seront versés à l’Accir.
Arrêtons le gâchis de terres agricoles, ressource non renouvelable !
Depuis de nombreuses années, des terres agricoles à haute valeur agronomique sont prélevées définitivement à l’agriculture du pays rémois par les collectivités locales et la CCI Reims-Epernay. Mais dans bien des cas, les projets ne sont pas menés à bien ou partiellement, et ces terres à fort potentiel agricole restent en friche ou sont viabilisées en attente d’une hypothétique concrétisation d’activité tertiaire.
Ainsi dans le pays rémois, de 2005 à 2010, 750 hectares de terres agricoles ont déjà changé de destination : de terres agricoles en zones d’activités, habitat et infrastructure de transport. Pour la période 2010-2015, près de 1 500 hectares de terres agricoles sont en cours de changement de destination sur ce même territoire. A travers cette action, la profession agricole a voulu dénoncer les nouveaux projets pharaoniques de la CCI Reims-Epernay, avec la caution de certains élus locaux qui ont donné délégation d’exproprier à celle-ci. En effet, ces projets impactent 500 hectares (240 ha à Warmeriville, 160 ha à Reims et St-Léonard, 100 ha à St-Thierry) alors que les stocks de terres disponibles de la CCI sont loin d’être utilisés à ce jour, notamment à la Croix Blandin.
Thierry Poncelet, secrétaire général de la FDSEA, réclame «un aménagement raisonné du territoire respectueux d’un développement durable qui passe nécessairement par l’économie des terres productives».
Vincent Godin, président de l’arrondissement de Reims, déplore quant à lui «que l’urbanisme des zones périphériques ne se fasse toujours pas à la verticale» et dénonce «ces plateformes logistiques et autres parkings horizontaux gros consommateurs d’espaces et si peu créateurs d’emplois».
Les engagements devront être respectés
Enfin, la FDSEA de la Marne interpelle les pouvoirs publics car les objectifs annoncés par le président de la République, de réduire de moitié d’ici 2015 la consommation de terres agricoles, doivent être impérativement déclinés dans notre département. La tâche est immense : nous sommes passés de 60 000 hectares en moyenne sur les dix dernières années à 90 000 ha de terres consommées en 2010 soit l’équivalent d’un département qui disparaît tous les six ans. Dans la Marne, la prévision d’ici 2015 c’est 2 770 ha de terres agricoles en moins, soit l’équivalent de 18 exploitations.
La FDSEA de la Marne compte bien maintenir une pression permanente sur les collectivités territoriales et rappeler à l’Etat ses engagements. En effet, les terres agricoles servent à nourrir nos concitoyens et à préserver notre indépendance alimentaire. Cet objectif partagé passe obligatoirement par un aménagement raisonné de notre territoire dans le respect mutuel de ses différents acteurs et la préservation des équilibres naturels.
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