La nouvelle taxe foncière affectée à l’installation des jeunes
En commission à l’Assemblée nationale, les députés ont donné leur feu vert au maintien dans le projet de LMAP à l’affectation à l’installation des jeunes du produit d’une nouvelle taxe sur la vente de terres agricoles nues devenues constructibles. Devant le Congrès national des Jeunes agriculteurs (JA) à Perpignan, le 8 juin, Bruno Le Maire a demandé au syndicat de lui soumettre dans les jours qui viennent des propositions très précises sur le ciblage du produit de cette taxe. «Nous devons faire cesser la perte en France de tant de terres agricoles», a déclaré le ministre de l’Alimentation, de l’agriculture et de la pêche. Le gouvernement affirme également qu’il veut «maintenir une politique de soutien à l’installation des jeunes ambitieuse en France», estimant ainsi qu’il est «juste» que le produit de cette taxe revienne aux jeunes.
Agriculture périurbaine
D’ailleurs un titre spécifique sur l’installation a été introduit dans le texte de loi lors de son passage au Sénat, en mai. Le syndicat JA devait en outre rappeler durant sa «semaine sur la protection du foncier», qui débutait le 14 juin, qu’il faut «préserver l’espace agricole en arrêtant cette fuite en avant où nous perdons 24 m² par seconde dans notre pays», a expliqué William Villeneuve, le président sortant des JA. Son successeur, Jean-Michel Schaeffer, a en effet été élu par le nouveau bureau des JA dans la nuit du 8 au 9 juin. Cette taxe sur les transactions foncières donne en tout cas «un signe fort en termes de protection de l’espace agricole», estime William Villeneuve.
Selon le ministère, cette taxe devrait rapporter 40 à 50 millions d’euros qui sont autant de ressources supplémentaires pour soutenir l’installation des jeunes. Bruno Le Maire pense notamment reverser une partie du produit de cette taxe à l’installation des jeunes agriculteurs «près des grandes villes», où elle est difficile et les plus-values réalisées élevées. Cette taxe, associée dans la LMAP à un dispositif plus large comprenant un observatoire de la consommation du foncier et des commissions départementales de la consommation des espaces agricoles (CDCEA), serait appliquée dès que la plus-value sur la vente s’élève à dix fois le prix de la terre, à un taux de 5 %, qui passerait à 10 % si la plus-value atteint 20 à 30 fois le prix.
Contre la spéculation
En revanche, les avis émis par les commissions départementales sur l’opportunité de certains projets d’urbanisme ne devraient rester que «consultatifs», et non devenir exécutifs comme le souhaiterait JA, a déclaré le ministre à l’issue de son discours prononcé à Perpignan. «Nous ne voulons pas déposséder les collectivités locales de leur droit de décision sur les changements d’affectation de terres», a commenté Bruno Le Maire devant la presse.
La posture du gouvernement pour endiguer la disparition du foncier agricole est donc diplomatique : on s’attaque à la spéculation sur la vente des terres, mais on ménage les prérogatives des élus locaux en la matière… Reste encore aux députés d’en débattre.
Droits de plantation viticole : JA défend leur maintien en 2015
William Villeneuve, le tout récent ex-président des JA, a souligné à Perpignan, devant le ministre de l’Agriculture, que Jeunes agriculteurs souhaite le maintien des droits de plantation pour la filière viticole européenne, qui pourraient disparaître des règlements communautaires en 2015. La chancelière allemande, Angela Merkel, a d’ailleurs récemment fait savoir une position identique sur le sujet.
Pac 2013 : ce que les JA veulent y voir
Au travers de la future politique agricole commune (Pac) de l’UE, qui entrera en vigueur après 2013, les JA veulent «renouveler un véritable pacte alimentaire avec la société», qui porterait deux objectifs : nourrir les 500 millions de consommateurs européens et couvrir leurs besoins non alimentaires, et «produire avec plus d’efficacité», notamment en matière de respect de l’environnement naturel.
JA prône aussi que la Pac 2013 fasse une place à «une véritable politique européenne de l’installation», afin de maintenir l’agriculture et des agriculteurs diversifiés «sur tous les territoires» et d’assurer le renouvellement des générations.
Enfin, JA attend que la future Pac, sur laquelle une communication de la Commission européenne est attendue fin 2010, «(harmonise) les règles ayant un impact sur le coût de production» pour supprimer les distorsions de concurrence entre Etats membres, «(maintienne) des outils de gestion de l’offre et des risques», «(applique) le principe de préférence communautaire», inscrit d’ailleurs dans le Traité de Rome qui a fondé la Communauté économique européenne (ex-CEE).
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal La Marne Agricole.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
La Marne Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.





































