Volume, prix, durée… Contractualisez
Promulguée fin juillet 2010, la Loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche encadre (entre autre) les relations commerciales dans les filières agricoles.
Un contrat de 3 ans
Ainsi dès le 1er mars 2011, chaque premier acheteur (vente directe exceptée) aura l’obligation de proposer au producteur de fruits et légumes frais (hors pomme de terre) un contrat de trois ans comportant sept clauses obligatoires. Les voici, assorties d’un ou deux points sur lesquels doit porter l’attention du signataire du contrat.
- Durée : par défaut reconduction tacite.
- Volumes : possibilité de prévoir des sous-périodes pour ajuster les volumes ; écrire les causes exonératoires ou pénalités en cas de non-respect. Caractéristiques du produit : comme le calibrage, la maturité, la certification, l’appellation…
- Modalités de collecte/livraison : préciser par exemple le type d’emballage…
- Critères de détermination du prix : un prix déterminé ou déterminable selon des critères objectifs et partagés.
- Modalités de facturation/paiement : les délais de paiement étant déjà réglementés par la LME (à partir de la date d’émission de la facture, 60 jours calendaires ou 45 jours fin de mois).
- Modalités de révision : révision par avenant (s’appliquant après préavis/durée à préciser).
- Modalités de résiliation : possibilité de prévoir des sorties anticipées pour causes exceptionnelles.
Principal défaut du système, ne remontant pas toute la filière la chaîne contractuelle n’engage que le premier acheteur. Intéressant tout de même lorsqu’un producteur travaille en direct avec un magasin (ou sa centrale).
Contre les pratiques abusives
La LMAP légifère également sur les pratiques de la grande distribution.
- Publicité hors lieu de vente : mention obligatoire dans le contrat (exemple : promotions de catalogues).
- Prix après vente : interdit (pour preuve, la facture ou le bon de livraison y faisant référence).
- Rabais, remise, ristourne : supprimés (mais déjà détournés par quelques magasins).
- Modération des marges : gel du taux de marge du distributeur en cas de crise (efficacité moyenne).
- Retour de marchandises : interdit dès le produit livré et le bon signé (sauf défaut réglementaire).
Intérêt du contrat, les pratiques illégales apparaissant à l’écrit pourront être dénoncées.
Rester vigilant
Le contrat donnera de la lisibilité à l’exploitant mais attention Légumes de France rappelle que :
- la contractualisation n’est pas un substitut à la Pac, un outil de gestion de marché, d’anticipation de crise ou de maîtrise de prix ;
- la sanction des pratiques abusives par les autorités de la concurrence est indispensable au développement d’une contractualisation équitable ;
- la contractualisation ne peut se développer que si le contexte socio-économique national permet à la production française d’être dans le marché au regard de ses distorsions de concurrence (coût du travail…) ;
- le contrat formalise par écrit une relation commerciale et transcrit le résultat d’une négociation dont l’acceptation est de la responsabilité du seul chef d’entreprise.
Producteurs, ayez le bon réflexe, transmettez vos contrats à votre FDSEA ! Des conseillers sont à votre disposition pour examiner les termes des nouveaux contrats, rédiger les avenants des contrats en cours…
Un contrat pour tous, un prix pour chacun ?
Sur la question du prix, le rapporteur de la loi Michel Raison livre son analyse : «beaucoup de producteurs espèrent que la contractualisation débouchera sur des prix garantis : c’est un leurre dangereux que de croire qu’il suffit simplement de ne pas tenir compte du marché pour ne pas en subir les fluctuations et les incertitudes. L’existence des contrats permettra aux agriculteurs de sécuriser leurs débouchés, d’avoir une plus grande visibilité sur les volumes et les qualités à produire ainsi qu’une connaissance plus fine des attentes des consommateurs. Leur conclusion, conformément à des contrats-type établis par l’interprofession, devrait contribuer à rétablir un certain équilibre dans la négociation entre producteurs et acheteurs mais elle ne constituera en aucun cas le moyen de garantir un revenu aux agriculteurs».
Conséquence, sans accord interprofessionnel et pour respecter les lois de la concurrence, le prix de base du contrat restera le résultat d’une négociation individuelle entre le producteur et son premier acheteur. Autour de cette base, des critères de révision à la hausse/baisse pourraient être envisagés, prenant par exemple en compte la situation des marchés alimentaires ou les cours des intrants agricoles. L’idée d’un «tunnel» de prix (une référence, un maxi, un mini) fait son chemin.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal La Marne Agricole.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
La Marne Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.






































