A la veille du congrès national, deux producteurs s’expriment sur l’effervescence nouvelle agitant le petit monde marnais de la pomme de terre.
En votre qualité de vice président, pouvez-vous nous dire un mot de l’activité de l’UNPT ?
Pascal Foy, vice-président UNPT et producteur à Haussimont : "même si tous les producteurs de pommes de terre (de la fécule au frais en passant par l’industrie) n’en ont pas conscience, l’UNPT travaille tous les jours pour eux : veille économique (lettre hebdomadaire), accords interprofessionnels, convention de maladies de quarantaine, gestion des litiges contractuels, financement de la recherche agronomique, présence dans les ministères, dans les institutions européennes… Le congrès à Reims sera l’occasion de rendre compte aux producteurs (entrée gratuite mais inscription obligatoire). Plus d’informations sur www.producteursdepommesdeterre.org".
Quel message souhaitez-vous faire passer aux producteurs de pommes de terre de votre département ?
Pascal Foy : "fédérée au sein de sa coopérative, la filière fécule dans la Marne est représentée à Paris. Les livreurs à Mc Cain au travers du Gappi ont également leur groupement et leurs ambassadeurs. Mais les producteurs vendeurs exerçant sur le marché du frais souffrent assurément d’une absence d’organisation. Résultat, lorsque les cours s’effondrent, ces derniers se retrouvent isolés sans d’autre choix que de se plier au bon vouloir des acheteurs.
L’organisation peut pourtant revêtir de multiples formes, ne remettant en cause ni la liberté d’entreprendre, ni l’autonomie des exploitants concernés. Afin de mieux appréhender les problématiques de notre département, l‘UNPT a besoin dans la Marne d‘une section regroupant tous les débouchés de notre production".
L’organisation, un thème également cher à la FDSEA de la Marne ?
Thierry Poncelet, secrétaire général FDSEA51 et producteur à Thillois : "la nouvelle donne du monde bouscule tous les repères qui ont forgé depuis cinquante ans notre métier. Nous sommes entrés dans une période de précarité de l’équilibre offre/demande, plus que jamais sensible aux aléas climatiques, sanitaires et économiques. Face à ce constat, et au démantèlement des anciennes régulations, nous devons retrouver des instruments de pilotage capables de guider les exploitations agricoles dans l’incertitude de l’instabilité des marchés, de la volatilité des prix et des risques croissants. L’organisation est un de ces outils".
De la théorie à la pratique ?
Thierry Poncelet : "il y a un (grand) pas… Nous proposons en effet depuis quelques semaines différentes animations aux producteurs de pommes de terre du département. Notre objectif est double. Primo, permettre aux exploitants de renforcer leurs compétences en matière de commercialisation (lavabilité, assurance, norme…). Secundo, proposer à ce même public un lieu propice à l’échange. Chacun dépose ses pommes de terre sur la table et la discussion s’engage.
Comment responsabiliser les chefs de rayon sur la présentation du vrac ? Quelle température de stockage choisir pour éviter que les lots ne bougent ? Pourquoi se certifier Global Gap ? Les discussions sont animées je le garantis. Nous gagnerions cependant à être plus nombreux à y prendre part".
Quelle sera la suite ?
Thierry Poncelet : "active à n’en pas douter ! Premier arrêt le 2 février à Reims au congrès de l’UNPT (la crise, problème et solutions). Deuxième halte à l’assemblée générale des irrigants le 23 février (gestion collective de la ressource en eau). Et nouvelle escale au mois de mars au cours duquel la profession interrogera certainement un responsable de la grande distribution (stratégie commerciale). J’invite d’ailleurs tous les producteurs de pommes de terre (et bien TOUS) à s’associer à nos travaux. Pour cela, identifiez-vous simplement (nom, contact, variété) auprès de notre animateur (elapierre@fdsea51.fr)".