Station d’évaluation de Sommepy-Tahure, un éleveur témoigne...
Installé depuis 2004 sur l’exploitation familiale de Remicourt, Vincent Noël a été auparavant aide familial pendant une douzaine d’années. Son père, installé sur 90 ha de SAU avec des vaches laitières a choisi dans les années 80, d’évoluer vers un élevage allaitant. Déjà bien implantée en Champagne-Ardenne, la vingtaine de génisses charolaises constituant le cheptel souche en provient, complété par quelques-unes de la Nièvre. Le choix de la race s’est fait tout naturellement pour ses qualités rustiques, sa docilité, sa conformation et ses bonnes qualités maternelles. Après quelques années et l’évolution de la structure d’exploitation, Vincent gère aujourd’hui un cheptel de 55 vaches allaitantes de pure race charolaise et 185 ha de SAU répartis entre cultures et surfaces fourragères.
De l’achat de taureaux en ferme à l’achat de taureaux en station
Depuis la création du cheptel allaitant, l’exploitation fonctionne en 100% monte naturelle. L’insémination animale fut pratiquée pendant quelques années sur le cheptel mais l’astreinte occasionnée par cette méthode en a dissuadé les éleveurs qui ont souhaité rester avec un fonctionnement traditionnel. Le choix de cette méthode impose donc d’avoir des taureaux de qualité afin d’assurer la pérennité de l’exploitation, c’est ainsi que, dans un premier temps Jean-Marie Noël (le père) a choisi d’acheter des taureaux inscrits au Herd-Book Charolais. Pour l’éleveur, «l’inscription est un signe de qualité et d’assurance sur l’origine des animaux». Pratiquée pendant plusieurs années, cette méthode fut abandonnée quelques années après la naissance de la première station d’évaluation de la Marne qui se trouvait à l’époque au Vieil Dampierre. Depuis, l’exploitation n’a cessé de se fournir à la station d’évaluation. Cette arrivée a bousculé les pratiques de l’éleveur car dorénavant se trouvait à proximité de l’élevage un réservoir génétique d’importance avec en plus, au moment de la commercialisation des animaux, des garanties supplémentaires que l’achat en ferme ne présentait pas.
Station d’évaluation : des garanties sûres pour l’achat d’un taureau
L’ensemble des stations d’évaluation de mâles reproducteurs ont un protocole de contrôle strict qui permet de mettre dans la même situation plusieurs taureaux d’origines différentes afin d’en évaluer le plus performant. C’est ce protocole qui, au départ, a séduit Jean-Marie Noël et qui séduit aujourd’hui encore son fils Vincent. Pour eux, «l’achat en station, c’est l’opportunité de choisir le reproducteur le plus performant et qui correspond le mieux à nos objectifs notamment grâce à la diversité génétique présente». En plus de ces garanties de performances, les éleveurs insistent sur le fait que «l’achat en station est sécurisé car les taureaux sont tous inscrits au Herd-Book Charolais, leur conférant une filiation sûre et connue, et présentant une garantie sanitaire de premier choix (spermatogénèse, vaccination, déparasitage…)». L’éleveur ajoute : «n’étant pas utilisateur de l’insémination animale, l’achat en station me permet de rester à la pointe de la génétique car les taureaux vendus à la station sont, pour une grande partie, issus de taureaux diffusés en centre d’insémination».
Des taureaux choisis en fonction des objectifs de l’exploitation
Renouvelés tous les deux ans, les taureaux sont choisis en fonction des besoins et des objectifs de l’exploitation. Pour Vincent Noël, «notre choix de taureau se porte sur l’amélioration du développement squelettique, les aptitudes maternelles et la croissance. Suivant les années, les taureaux vont être choisis pour être mis sur les génisses ou sur les vaches». C’est seulement après avoir défini tous ces critères que l’éleveur choisit son taureau. Plusieurs éléments sont là pour l’aider dans son choix. Le précatalogue diffusé par Capeval et la Chambre d’agriculture de la Marne sur son site internet est un des outils d’aide majeur. Vincent Noël peut, depuis cette année, consulter les photos des animaux évalués en station et de leurs ascendants sur le site internet de la Chambre d’agriculture de la Marne. Après la sélection papier, un repérage des animaux à la station s’impose…
Les portes ouvertes pour confirmer ses choix
Après avoir étudié les besoins de son cheptel et pris en compte les risques de consanguinités, l’éleveur se rend aux portes ouvertes organisées les deux samedis précédant la vente : «les portes ouvertes sont l’occasion pour moi de voir les taureaux en situation calme et de bénéficier avant la vente d’un temps de décision plus important. Lors de ma visite, en plus des index, je regarde en premier lieu le comportement de l’animal, il faut qu’il soit calme et docile, ensuite je regarde son aspect général en insistant fortement sur ses aplombs et sa démarche qui doivent être réguliers et propres».
L’utilisation en ferme
La première année qui suit son arrivée en ferme, le taureau n’est pas ou que très peu utilisé. Plusieurs explications motivent ce choix «le taureau lorsqu’il arrive est encore jeune ; afin de ne pas freiner ou stopper sa croissance, nous avons fait le choix de ne pas ou de peu l’utiliser. La seule utilisation qui est faite, s’il y a utilisation, c’est sur deux ou trois vaches pour voir le résultat de sa production. La deuxième explication étant que si on l’utilise dès son arrivée, le risque de retour sur ses filles revient plus vite. Cette méthode nous permet d’avoir des taureaux en bon état de forme pour attaquer leur première saison de saillie. Cette utilisation raisonnée de nos taureaux nous permet de les faire durer dans le temps et de les revendre ensuite dans d’autres élevages afin que le taureau continue sa carrière».
Des pratiques qui payent…
À l’heure du bilan de l’utilisation de ces taureaux issus de stations, l’éleveur est fier de pouvoir affirmer que «grâce à la génétique apportée par mes taureaux, j’ai pu gagner environ 25 à 30 kg de carcasse aussi bien sur les vaches que sur les jeunes bovins. Ensuite, en ayant bien suivi mes objectifs de sélection, notamment le développement squelettique, nous avons effectué seulement 6 césariennes depuis 30 ans (date de création du cheptel)». La prochaine avancée génétique pour l’élevage sera peut-être l’acquisition au mois de février d’un taureau sans cornes : «ce type d’animaux apporte un confort de travail important car il n’y a plus besoin d’écorner les animaux et dans le même temps, on participe au développement du bien-être animal dans nos élevages et à l’amélioration de l’image de l’élevage».
La génétique est un des leviers pour assurer la pérennité d’une exploitation, Vincent Noël l’a bien compris. Si vous désirez comme lui retrouver un élevage compétitif venez participer à la prochaine vente de mâles reproducteurs qui se tiendra à Sommepy-Tahure le mercredi 2 février 2011. Cette vente sera précédée de deux journées portes-ouvertes les samedis 22 et 29 janvier.
29ème vente de Sommepy-Tahure :
Renseignements-catalogue :
Chambre d’agriculture Marne, P. Planté - Tél. 03.26.64.08.13
CAPéVAL, M. Gallois et Mme Eymard-Noizet - Tél. 03.26.85.71.71
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