Grosses éditions pour le Sia et le Sima 2011
Un nouveau record d’affluence a été battu au Sia cette année. Les éleveurs étaient particulièrement présents alors que les organisateurs proposaient, pour la première fois, un pavillon des vins. - © Clotilde richalet - T. Michel
L’année 2011 restera dans les mémoires pour tous ceux qui auront visité le Sia et le Sima. Porte de Versailles, à Paris, le Sia a signé un nouveau record de visiteurs avec 678 732 entrées comptabilisées, soit 4 % de plus qu’en 2010. Jean Luc Poulain, le président du salon, a livré une première appréciation sur le blog du journaliste du Figaro, Eric de la Chesnais : «C’est un bon cru, voire un très bon cru. Le jour de la nocturne (NDLR : vendredi 25) a rassemblé 112 000 visiteurs, un record. Mais ce que je retiens surtout, ce sont les aspects pédagogique et ludique. Le Sia a fait passer le message aux enfants de ce qu’est l’agriculture aujourd’hui». On retiendra aussi de cette édition la présence du président de la République lors d’une longue inauguration (visite + table-ronde) et celle aussi de très nombreuses personnalités politiques préoccupées tout à la fois par les prochaines élections cantonales, les futures présidentielles et l’avenir de l’élevage français. Mais il n’y en avait cependant pas uniquement que pour l’élevage.
Pour la première fois au Sia, les organisateurs avaient décidé de dédier un stand au vin. Baptisé Pavillon du vin, il avait pour objectif de faire de la pédagogie autour de cette filière : démonstrations, apprentissage, conseil de modération, guide des attitudes à avoir dans différentes situations, accord entre mets et vins pour rendre les plaisirs de la table encore plus savoureux… Sous une bannière très institutionnelle, le stand a connu un joli succès pour son baptême du feu. Pour la première fois aussi, et à l’occasion de sa 120ème édition, le CGA a inauguré une boutique des produits médaillés dignes de ce nom. Résultat : près de 60 000 visiteurs et découvreurs de saveurs ont fréquenté le stand. Ce qui confirme la très forte attirance des Français pour les produits du terroir «made in France», les halls 7.1 et 7.2, dédiés aux régions, ayant également fait le plein.
Le président de la République avait insisté, lors de la table ronde du 19 février, sur l’importance du développement des circuits courts. Système U, la Chambre d’agriculture de Saône-et-Loire et le Conseil général de ce département ont annoncé la signature, pendant le Sia, d’une charte de partenariat pour le développement des circuits courts. Le premier s’engage à promouvoir et développer les produits locaux dans ses rayons, «de surcroît, à des conditions de prix équitables». Les deux autres structures signataires s’engagent à identifier et accompagner les producteurs intéressés par la démarche, contribuer à l’organisation de la mise en place des filières d’approvisionnement, et assurer le rayonnement des produits agricoles locaux de qualité. À suivre…
L’Agence bio a, pour sa part, tenu son traditionnel séminaire international, pour la sixième année. Au menu : état de la bio à travers le monde, législation européenne et un focus sur le bio dans des pays comme la Tunisie ou encore le Togo.
Côté Sima, le cru a été très bon aussi
Dans un contexte amélioré pour certaines filières mais difficile pour d’autres, ce salon réservé aux professionnels (1 250 exposants de 41 pays) avait valeur de test. La morosité n’était pas de mise et dès l’ouverture, le dimanche, les allées étaient encombrées. De très nombreux visiteurs étrangers étaient notamment présents. Au final, plus de 200 000 professionnels ont sillonné les lieux. Un copieux programme de conférences, d’ateliers, de colloques, ainsi qu’un forum international, 50 événements au total, a rythmé la semaine du Parc des expositions de Paris Nord Villepinte. Ce Sima a notamment été l’occasion de faire le point sur Ecophyto 2018 (réduction de 50 %, si possible, de l’usage des produits phytopharmaceutiques en France d’ici 2018) à travers les premiers retours d’expérience du réseau de fermes Déphy Ecophyto, visant à produire des références sur les systèmes économes en phytosanitaires. Les ateliers de Trame et de l’Ademe ont permis de faire le point, de façon très pratico-pratique, sur de nombreux projets de développement autour de l’énergie à la ferme (meilleures essences pour la biomasse, montage et réalisation concrète d’un outil de méthanisation à partir d’un élevage avicole…
Zoom : Femmes, sécurité et agriculture
Le Sima 2011, année des femmes ? En tout cas, les problématiques liées à la présence croissante des femmes en agriculture étaient au cœur de cette édition. L’une des conférences du Forum agricole international du Sima était consacrée à «Comment adapter le matériel agricole aux gabarits féminins ?». Elle était organisée par Trame et l’Inter groupe féminin.
À l’heure où de plus en plus de femmes s’installent seule, par choix (avec un conjoint qui travaille à l’extérieur de la ferme), ou décident d’être salariée agricole au service d’un employeur, la question de l’autonomie opérationnelle (fonctionnelle) dans le travail est à prendre en compte : atteler, conduire, remorquer, distribuer les matériels pour ces tâches doivent se concevoir comme adaptés à la morphologie d’une personne de sexe féminin. En fait, «il s’avère qu’il n’y a pas de discriminant à l’accessibilité physique des matériels par les femmes», précise Antoine Carret, ingénieur référent chez Trame et animateur de la conférence. La réglementation, les nouvelles technologies, l’ergonomie gomment en grande partie les difficultés potentielles liées à la force physique nécessaire pour manipuler des engins agricoles. «En revanche, les femmes ont une sensibilité et une approche différentes des questions d’utilisation des équipements. Les femmes sont plus prudentes» poursuit Antoine Carret. Ce que confirme une statistique de la MSA : il existe deux fois moins d’accidents du travail chez les femmes agricultrices que chez les hommes.
Les femmes sont aussi d’excellents relais pédagogiques et de transmissions de l’information, dans ce domaine, auprès des autres salariés de l’exploitation mais aussi des personnes extérieures (classes scolaires, accueil de publics…).
Une convention va donc être signée entre le groupe féminin de Trame, Vivea et la MSA sur ce sujet.
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