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La filière betteravière a de quoi être fière

Les 26 et 27 octobre derniers, le salon Betteravenir a accueilli plus de 13 000 planteurs, constructeurs et professionnels de la betterave à Chéry-lès-Pouilly dans l’Aisne.

04 novembre 2011 David Hincelin Vu 1850 fois 2 réactions
Discours inaugural, de gauche à droite : Alexandre Quillet, Pierre Bayle, Yves Daudigny, Bruno Hot, Pascale Gruny et Eric Lainé.

Discours inaugural, de gauche à droite : Alexandre Quillet, Pierre Bayle, Yves Daudigny, Bruno Hot, Pascale Gruny et Eric Lainé. - © D.H.

A l’occasion de cette journée, chacun a pu apprécier les efforts réalisés pour améliorer la compétitivité de la filière betteravière. Ce que l’on remarque, même si des efforts sont encore à faire, ce à quoi s’emploient les professionnels chaque jour, c’est que la filière betterave est riche. Riche d’innovations et de nouvelles perspectives. En effet, cette plante cultivée depuis seulement 200 ans en France n’a jamais cessé de voir ses rendements croître et ses débouchés se multiplier.

En 1811, le rendement de cette plante était d’environ 12 t/ha de betterave. Deux siècles plus tard, grâce à une progression moyenne annuelle de 2 %, il frôle les 100 tonnes. En parallèle de cette progression des rendements, la richesse en sucre s’améliore d’année en année. Il y a seulement 5 ans, elle était de 13 tonnes de sucre/ha. Aujourd’hui, elle est déjà de 15 t/ha. Ces gains de productivité sont liés à l’amélioration de la connaissance du vivant, à la sélection génétique qui grâce aux sélections variétales successives permet d’obtenir des betteraves qui arrivent plus vite à maturité, qui sont moins gélives, plus résistantes aux maladies…

 
Conditionnement du sucre.

Conditionnement du sucre. - © D.H.

Des gains
Avant de la consommer, que ce soit en poudre, en grain ou en carburant, la betterave a un long chemin à faire, et, il commence dans les champs. Les progrès mécaniques constituent autant d’avancées qui rendent cette plante de plus en plus compétitive.

Au niveau de l’arrachage, les pertes lors de la récolte n’ont pas évolué depuis 20 ans et avoisinent toujours 1,5 tonne de betteraves de pertes par hectare. En revanche, il y a 20 ans, le rendement moyen était de 50 tonnes/ha contre 95 voire 100 tonnes/ha aujourd’hui. Avec ces nouvelles machines plus précises et efficaces, et, qui embarquent toujours plus de technologie, de nouvelles contraintes sont apparues. Notamment la compaction des sols. En réponse à ce «point noir», les machines d’arrachage ont été dotées d’essieux décalés, elles sont désormais équipées de pneus larges et basse pression (au maximum 1,05 mètre). Certaines sont même dotées de chenilles. Leurs 25 tonnes à vide en moyenne ne constituent plus un handicap dans les parcelles pour la reprise des sols.

La diminution des tares terre constitue une autre avancée de la filière. En effet, la progression des machines, et l’introduction plus récente des déterreurs et déterreurs - avaleurs, y sont pour quelque chose. Ces machines à l’allure singulière permettent de diminuer la quantité de terre de 50 % et d’enlever jusqu’à 80 % des résidus verts (morceaux de feuilles, herbes…).

Tous ces gains de productivités issus des multiples sélections variétales, de l’amélioration des machines et de l’amélioration des itinéraires culturaux ont tout naturellement posé des problèmes de logistique pour les sucreries qui ont dû absorber plus de betteraves. Grâce aux silos de stockage, à leur bâchage ou à leur paillage, les sucreries n’ont pas à absorber immédiatement la récolte, leur fonctionnement s’en trouve lissé, donc, les outils de transformation des sucreries sont optimisés.

Grâce à des rendements en progression et à la suite de restructurations, les sucreries, les distilleries et les outils de valorisation des co-produits de la betterave ont dû s’adapter tout en intégrant les enjeux environnementaux. Aujourd’hui encore, ces usines améliorent en permanence leurs capacités à traiter des volumes toujours plus importants tout en réduisant leur impact énergétique. A titre d’exemple, l’amélioration des process de transformation des betteraves a permis de réduire la consommation énergétique des 26 % en l’espace de 10 ans, et, la part allouée aux énergies renouvelables augmente d’année en année pour alimenter les usines en énergie. L’installation d’une chaudière biomasse sur le site de Bazancourt pour atténuer l’impact carbone illustre bien les efforts réalisés en la matière.

Tous ces facteurs qui concourent à améliorer la richesse, le rendement et la qualité des betteraves et qui permettent d’allonger les campagnes d’arrachage et de transformation des betteraves sont autant de facteurs qui permettent à la betterave d’être de plus en plus compétitive face à son concurrent «canne à sucre».

Ce rapport de compétitivité à l’origine 3 fois plus favorable à la canne à sucre ne cesse de se réduire, et, il est à l’heure actuelle de 1,5 toujours en faveur de la canne mais cet écart se réduit encore. Si on compare le blé, cultivé depuis 12 000 ans, à un adulte de 50 ans, alors, la betterave, avec ses deux cents ans de production, a seulement l’âge d’un nourrisson de 10 mois dont les débuts sont déjà très prometteurs.

Ce salon où la recherche de gains de compétitivité et l’optimisation de l’impact environnemental étaient de mise illustre bien la volonté et la détermination des planteurs de betteraves à faire de cette plante un axe majeur pour répondre aux nombreux défis qui s’annoncent. Il est invraisemblable que la Commission européenne veuille lui porter un coup d’arrêt en rapprochant les échéances de suppression des quotas à 2015 contre 2020 initialement prévus. Date à laquelle la filière sera prête et structurée pour supporter la suppression des quotas. Les élus et divers responsables du département l’Aisne ont manifesté leur soutient aux planteurs et à la filière lors du discours inaugural de ce salon.

 

Extraits des discours prononcés lors de la soirée d’inauguration du mercredi 26 octobre
«L’objectif poursuivi est ambitieux mais réaliste car l’objectif de +30% d’ici 2020 a déjà été obtenu de manière ponctuelle et aléatoire. (…) Notre filière a besoin de votre soutien pour garder une visibilité suffisante jusqu’en 2020. Il nous reste encore une marche à gravir car notre projet s’établit sur huit années. Ne laissez pas la proposition actuelle de la Commission européenne briser cet élan, notre avenir en dépend». Alexandre Quillet, président de l’Institut technique de la betterave.

«Enfin, et c’est une mauvaise nouvelle la proposition de la Pac post 2013 est tombée mais Dacian Ciolos a été mis en minorité pour reconduire d’un an le règlement sucre. Ce n’est pas l’année de plus qui était important, mais le principe. Certes, ce n’est qu’une proposition. Rappelons-nous en 2005, nous avons su faire revenir la commission sur sa proposition initiale de réforme». Eric Lainé, président de la CGB.

«L’Institut technique de la betterave est un formidable outil qui a toujours travaillé à l’amélioration de la compétitivité de notre filière en cherchant à améliorer, de façon permanente, les performances de la betterave (…) Soyez persuadé que le SNFS sera au côté d’un institut qui travaille dans cette voie». Bruno Hot, président du Syndicat national des fabricants de sucre.

En réponse aux déclarations des professionnels de la filière, les politiques se sont à leur tour exprimés :
«Le projet de la Commission européenne de supprimer le système des quotas et du prix minimum de la betterave n’est pas acceptable. Votre secteur a besoin de stabilité pour terminer sa restructuration et améliorer sa compétitivité à l’échelle internationale». Pascale Gruny, députée de l’Aisne et ancien députée européen.

«La culture betteravière est pour nous un secteur économique dynamique, source de richesse et nous sommes fiers des ambitions qui y sont développées (…). Aujourd’hui, je partage totalement vos inquiétudes quant aux conséquences de la déréglementation projetée pour 2015 par la commission européenne. Dans un contexte de crise, il me semble très grave d’exposer des secteurs économiques au nom d’une idéologie de libéralisme économique dur. (…) On ne peut pas pleurer tous les jours contre la délocalisation de nos industries et en même temps laisser partir à tout va les industries agricoles».
Yves Daudigny, sénateur de l’Aisne, président du conseil général.

«Soyez assurés que le gouvernement défend et défendra avec vigueur les intérêts de l’agriculture française. (…) Les évolutions techniques qui ont marqué l’histoire de la betterave sucrière ont permis à la France de devenir un grand exportateur de sucre. Aujourd’hui, betteravenir montre que la révolution technique n’est pas terminée et que la filière est plus cohérente et plus ambitieuse que jamais». Pierre Bayle, préfet de l’Aisne.

 

 

tous les commentaires Vos réactions

  1. 1

    IMPRESSIONNANT!!!!! Quand je pense à mes jeunes années..... Quand les Italiens venaient pour les arracher!!!! Après être venus ,ainsi que des Espagnols,démarier Pour ensuite à la MAIN les charger.... Et à la GARE dans des wagons les empiler.... Je me dit DAME BETTERAVE d'elle aura fait PARLER!!! JV D'Heutré

    verdelet jean - le 05 novembre 2011 à 07:44:08
  1. 2

    LE CHAMPAGNE EST à L'HOMME CE QUE L'ETHANOL DOIT ÊTRE à SA BAGNOLE!!!! LA BELLE REVANCHE DE LA CHAMPAGNE....POUILLEUSE..... Jean le Betteravier

    verdelet jean - le 05 novembre 2011 à 10:31:49

 
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