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Perspectives

L’offensive syndicale de la FNSEA pour 2010

Devant les instances nationales et européennes, la FNSEA défendra «flexibilité des aides et politique assurantielle» contre l’extrême volatilité des marchés.

14 janvier 2010 H. Garnier Vu 1416 fois
Le président de la FNSEA, lors de la présentation de ses vœux à la presse, entouré de Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint, Dominique Barrau, secrétaire général et Xavier Beulin, premier vice-président.

Le président de la FNSEA, lors de la présentation de ses vœux à la presse, entouré de Jean-Bernard Bayard, secrétaire général adjoint, Dominique Barrau, secrétaire général et Xavier Beulin, premier vice-président. - © Réussir


«2009 est la pire année que nous avons vécue depuis 35 ans»,
a rappelé le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, en présentant ses vœux devant la presse, le jeudi 7 janvier. Il est revenu sur les faits marquants de l’année écoulée et présenté les attentes du syndicat agricole majoritaire pour 2010.

«C’est une très mauvaise économie, lorsqu’on parle d’économie, d’oublier l’agriculture». D’emblée, le président de la FNSEA a vivement critiqué l’attitude du chef de l’État qui n’a pas fait mention des agriculteurs lors de ses voeux aux «forces économiques», la veille à Cholet dans le Maine-et-Loire. «Nous ne sommes pas qu’un sujet de ruralité». Nicolas Sarkozy «n’a pas dit un mot sur l’agriculture et l’agroalimentaire» alors que «nous sommes un grand secteur qui produit, créée des emplois, exporte et donc contribue largement aux excédents de la balance commerciale», a-t-il souligné.

Jean-Michel Lemétayer a demandé que les agriculteurs «soient mis dans la boucle» du projet de loi, annoncé la veille par le chef de l’Etat, visant «à protéger le patrimoine personnel des artisans et commerçants» en cas de faillite. Le responsable syndical a souhaité que le texte qui devrait être présenté en février n’oublie pas les paysans. «Cela fait des années qu’on le demande».

 

Le contexte 2010 n’est pas simple
2009 a connu une terrible crise des marchés qui a amené «le syndicalisme agricole à être, tous les jours, sur la brèche et à mener de nombreuses actions… Nous n’avons pas toujours obtenu les résultats souhaités, mais les marchés on ne les redresse pas d’un coup de baguette magique… Quasiment toutes les productions ont été concernées, nous conduisant à rassembler plusieurs dizaines de milliers de producteurs dans nos capitales régionales le 16 octobre dernier pour obtenir un plan de soutien».

Sur le plan des acquis, le président de la FNSEA cite en particulier le pas important franchi dans le cadre de la transparence des pratiques commerciales. «Mais là aussi, il ne faut pas se relâcher : l’observatoire des prix et des marges, il faut le faire vivre».

Pour 2010, «le contexte n’est pas simple», reconnaît le leader syndical. Sur le plan français, c’est l’application du bilan de santé de la PAC, le projet de la Loi de modernisation agricole… Sur le plan européen, c’est l’application du Traité de Lisbonne et de la codécision et «sans doute la nécessité pour nous, d’être encore plus en relation avec le Parlement européen et avec le président de sa commission agricole, Paolo De Castro». C’est aussi l’arrivée d’un nouveau commissaire à l’Agriculture, Dacian Ciolos, «un homme avec lequel on va pouvoir travailler activement pour faire évoluer la politique agricole européenne».

 

Flexibilité et politique assurantielle
«Nous continuerons de soutenir le ministre de l’Agriculture dans tout le combat qu’il mène pour que la politique agricole européenne évolue, notamment en matière de régulation des marchés. La réponse à l’extrême volatilité des marchés, devenue insupportable pour les producteurs, c’est la flexibilité des aides», a clairement affirmé le président de la FNSEA. «On doit aider plus quand ça va mal et moins quand ça va mieux». Selon lui, cette flexibilité devra être accompagnée «d’une politique assurantielle pour faire face aux aléas du marché».

Quant à l’application du bilan de santé en 2010, selon Jean-Michel Lemétayer, «le rééquilibrage des aides était une nécessité, mais l’effort supporté par certains et, en particulier, par les producteurs de grandes cultures, ne sera possible que si les marchés sont meilleurs que ceux que nous connaissons». Et de rappeler la création du comité de suivi des marchés annoncée le 30 mars 2009 par le président de la République. «Une grande attention doit être apporté à ceux qui vont avoir un effort à supporter, parce qu’au prix actuel des céréales, une baisse des aides ne sera pas supportable. Le revenu de ces producteurs doit faire l’objet de la plus grande attention de la part du ministre et du gouvernement», prévient-il.

Concernant la taxe carbone, même si le Premier ministre lui a assuré «que l’agriculture serait considérée comme un secteur particulier», le président de la FNSEA appelle «à la vigilance». «Les arguments que nous avions développés pour convaincre le gouvernement sont toujours d’actualité. Payer cette taxe serait insupportable pour les agriculteurs français quand nos voisins européens n’y sont pas soumis, sur un marché des produits agricoles unique et totalement libre dans les Vingt-Sept».

Quant au plan de soutien de l’agriculture de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Lemétayer demande que «les producteurs qui en ont besoin soient servis». Il réclame la fongibilité des enveloppes bancaires car «les prêts à la trésorerie ont été fortement sollicités».

 

«Il me faut déjà finir l’année 2010 !»

Interrogé sur son avenir au sein de la FNSEA en 2010 Jean-Michel Lemétayer répond, en forme de boutade, qu’il «faudra déjà qu’il finisse l’année !». Une manière de montrer que les turbulences dont a été victime la FNSEA ne lui font pas perdre son «sens de l’humour». Alors qu’il était presque entériné qu’il n’irait pas au bout de son dernier mandat qui finit en mars 2011, le leader de la FNSEA donne le sentiment de se laisser plus de temps. «Il est possible que je juge opportun de ne quitter mon mandat qu’au congrès de 2011», a-t-il déclaré. «On ne quitte pas la présidence de la FNSEA n’importe comment», a-t-il expliqué, soucieux de l’avenir de la «maison FNSEA». «Il n’y a pas de date », a-t-il ajouté. Seul lui la connaît. (source : Agra Presse)

 

 

 
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