Non au gaspillage des terres agricoles, oui à l’aménagement raisonné
Depuis de nombreuses années, des terres agricoles sont prélevées par la CAC aux agriculteurs de l’arrondissement de Châlons. - © F. Roth
«Parce qu’il y en a marre que l’agglomération châlonnaise ait une vue à court terme de son développement», proclame Bernard Jesson, responsable FDSEA de la commission d’arrondissement de Châlons.
Depuis de nombreuses années, des terres agricoles sont prélevées par la CAC aux agriculteurs de l’arrondissement de Châlons, pour des projets d’urbanisme. Mais dans bien des cas, les projets ne sont pas menés à bien ou seulement partiellement.
Arrêtons de raisonner l’aménagement urbain horizontalement mais plutôt verticalement : construction sur plusieurs étages des parkings et des locaux commerciaux.
Au niveau national, l’équivalent du département de la Marne disparaît tous les 6 ans par l’artificialisation des sols agricoles. Ce gaspillage de terres n’est plus tolérable à l’heure où l’on reconnaît que l’agriculture a la mission essentielle de nourrir une population sans cesse croissante.
4,5 ha semés sur une parcelle en friche
A l’initiative des agriculteurs de Saint Memmie, qui sont excédés de voir disparaître des terres à fort potentiels agricoles, une parcelle appartenant à la CAC a été semée en orge de printemps, mercredi 16 mars en fin de matinée. Cette surface est, soit disant, destinée à réaliser un parking pour le «Capitole-en-Champagne», futur parc des expositions de Châlons.
«Encore une aberration» s’indigne Thierry Lombard, président communal de Saint Memmie. «Depuis 10 ans, la zone d’activité ne cesse de s’accroître avec des parkings à perte de vue qui sont vides, la plupart du temps» ajoute-t-il.
«L’agglomération châlonnaise a réalisé son pseudo grenelle il y a 2 ans. L’aménagement durable ne devait pas faire partie de leur vocabulaire», surenchéri Bernard Jesson.
La culture sera suivie jusqu’à la récolte par les agriculteurs de Saint Memmie, selon un itinéraire technique raisonné. Les bénéfices de la vente iront à l’association de coopération de Saint-Memmie avec Tambaga*, ville du Burkina Faso. Nous invitons ainsi la CAC à ne pas détruire la parcelle semée.
FDSEA et JA proactifs
En juin 2010, les Jeunes Agriculteurs avaient procédé à une action similaire sur la commune de Saint Martin sur le Pré. Les élus syndicaux de la commission d’arrondissement de Châlons ont, quant à eux, entamé depuis l’année dernière des rencontres avec les différents aménageurs du territoire afin de comprendre les logiques de chacun. Prochainement, ils rencontreront un membre de l’agence d’urbanisme de Châlons.
«De nombreuses erreurs ont été faites par les aménageurs», observe Bernard Jesson en citant notamment la zone de Saint Martin sur le Pré / Recy.
«Et le comble aujourd’hui, un projet de 200 ha est à l’étude dans le cadre de la révision du SCOT (Schéma de Cohérence Territorial) de Châlons, pour le développement d’un pole agro-industriel, sans la moindre concertation avec la Profession agricole. Et tout cela à 10 km de Vatry, où 700 ha sont en occupation pré-caire ou complètement hors d’usage agricole», ajoute-t-il.
Face à ces incohérences et au manque de concertation entre les aménageurs du territoire de l’agglomération châlonnaise, la FDSEA et les JA de l’arrondissement de Châlons demandent, sans plus attendre, un moratoire de l’aménagement et des emprises foncières.
* Cette association a pour but une collaboration institutionnelle, sociale, économique et culturelle.
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