Luzerne : l’effet sécheresse

Par Richard Cremonini, le 19/01/2019
Luzerne : l’effet sécheresseFrance Luzerne Union des coopératives agricoles de déshydratation (UCAD) a organisé son assemblée générale le vendredi 7 décembre à Châlons-en-Champagne.
  • De g à d :  Ludovic Mahéot (nouveau directeur commercial Désialis), Serge Faller (directeur général Désialis), Didier Maudoux (président France Luzerne). © R. Cremonini
  • Benoît Collard est intervenu pour présenter Symbiose. © R. Cremonini
  • L'évolution de la recette nette. © D.R.
  • L'évolution des apports. © D.R.
France Luzerne Union des coopératives agricoles de déshydratation (UCAD) a organisé son assemblée générale le vendredi 7 décembre à Châlons-en-Champagne.
 

Après une bonne récolte de luzerne en 2017 la recette est restée stable et les prix se sont maintenus, malgré l’augmentation des quantités à commercialiser. La sécheresse a eu pour effet de résorber les stocks qui étaient de 143 000 t au 30 avril 2018, alors qu’ils étaient de 70 000 t l'année précédente. France Luzerne UCAD, dont la mission est le stockage et la formulation des luzernes livrées par ses coopérateurs, a pleinement joué son rôle d’outil de régulation.
«  La luzerne sera demain la protéine verte d'avenir dans le monde entier, tout le monde veut en faire  », explique le président Didier Maudoux qui rappelle que «  nous en produisons depuis 60 ans ». Avant d’appeler au maintien de l’unité de la filière, notamment sur le plan commercial.
Pour le président, « les résultats sont bons  ». « Nous avons eu 70 000 t de production supplémentaire en 2017, on a apporté 140 000 t de stock et nos coopératives ont eu une recette égale, aucun adhérent n’aurait pu le supporter seul, il faut souligner cette performance  », ajoute-t-il.
Sur l’agribashing, il regrette qu’il soit « très difficile de faire passer de l’information positive, les trains qui arrivent à l’heure ça n’intéresse personne ». Pas question pour autant de baisser les bras. «  C’est un chantier important et il faut l’alimenter, expliquer, parler, échanger dans la société pour expliquer que nous avons fait des progrès énormes et que nous continuons à le faire ».


Serge Faller « optimiste »

Serge Faller, directeur général de Désialis, la société de commercialisation, a fait un point sur le contexte concurrentiel. Il est «  optimiste pour la luzerne », une filière qui s’est réorganisée et qui opéré une refonte de sa gamme de produits lui ouvrant de nouveaux horizons malgré la perte des aides. Pour lui, les silos de France Luzerne sont de « remarquables outils de fabrication d’alimentation animale ». Deux piliers soutiennent le commerce : les balles (investissements réalisés dans cinq presses d’une valeur chacune de 2,5 M€) et la gamme de mélanges Silomix. Le slogan de Désialis « On a la fibre éleveur », répond à des attentes sociétales de bien-être animal. En effet, la luzerne est un facteur de bonne santé des ruminants et de qualité de viande et du lait, contrairement au maïs. « Nos produits sont non OGM, tracés, normés et l’ensemble de notre production a une valeur ajoutée importante  », souligne Serge Faller.

Concernant les marchés, le directeur général observe que « les flux internationaux de luzerne seront de plus en plus importants  ». Ainsi, la péninsule arabique devient importatrice en 2019 après l'arrêt de sa production faute d’eau dans les nappes. Désialis cible un certain nombre de pays, du Moyen Orient notamment, avec une « politique export importante ». Mais pas la Chine, « qui absorbe la totalité de la production canadienne ». « Les années qui viennent vont être porteuses  », martèle Serge Faller.


Cap sur l’export

Le contexte mondial des matières premières agricoles met en évidence une dynamique en blé et maïs et un marché lourd en soja. Les stocks de report sont colossaux (308 Mt en maïs, 267 Mt en blé, 112 Mt en soja). L’accroissement de la demande mondiale en céréales devrait conduire à une rupture, la consommation devenant plus importante que la production.
Pour sa part, Ludovic Mahéot, nouveau directeur commercial a fait état « d’objectifs de ventes ambitieux en cherchant des volumes à l’export  ». Aujourd’hui 50 % des productions sont vendues hors de France et demain ce sera peut-être 70 %.
Quant à la production de luzerne 2018, elle se caractérise par un faible rendement, sans quatrième coupe, en raison de la sécheresse. Les surfaces sont stables.

Apports en forte augmentation

Les apports 2017-2018 sont à 329 818 t, en forte augmentation par rapport à l’année précédente (+ 70 000 t). La recette nette luzerne est en légère augmentation à 157 euros/t (156,3 euros/t en 2016). Les prix de vente et la rémunération se sont maintenus malgré l’augmentation des quantités à commercialiser. L’effet sécheresse 2018 a permis de résorber les stocks. Le chiffre d’affaires est de 38,3 millions d’euros (M€), il était de 39,3 M€ sur l’exercice précédent. Le résultat n’est pas significatif (2 300 euros). Le volume des charges a augmenté de 17 % (+ 500 000 euros), les charges d’exploitation passent de 2,9 M€ à 3,4 M€. Mais les frais généraux baissent à 10,52 €/t contre 11,4 €/t en 2016.


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