Peste porcine africaine : le plan d’action se déploie

Par Richard Cremonini, le 23/01/2019 (mis à jour le 30/01/2019 à 11:30)
Peste porcine africaine : le plan d’action se déploieAprès deux cas de peste porcine africaine à proximité de la France c'est la mobilisation pour stopper la progression de la maladie.
  • Pas transmissible à l'homme Le virus ne touche que les suidés.
    © D.R.
  • « La zone est quadrillée depuis le début de cette crise par les chasseurs » Pour le président des chasseurs marnais et du Grand Est Jacky Desbrosse, «C’est une véritable course contre la maladie qui vient de se durcir. Soyons en les acteurs majeurs!».
    © Richard Cremonini
  • Une zone blanche de 78,4 km². La pose d’une clôture, fixe et enfouie dans le sol, a débuté cette semaine.
    © D.R.
Après deux cas de peste porcine africaine à proximité de la France c'est la mobilisation pour stopper la progression de la maladie.
 

Annoncé le 14 janvier, le plan d’actions défini par le ministère de l’Agriculture pour éviter la propagation de la peste porcine africaine en France se met en place. Une clôture est notamment en cours de construction pour délimiter une zone blanche et créer un vide sanitaire.
Un dispositif de crise a été activé tant au niveau national que local dans la région Grand Est. Il associe les représentants des professionnels de l’élevage porcin, des chasseurs et des services forestiers, les experts scientifiques et les représentants de l’État. « Une « zone blanche », à très haut risque, est établie, au sein de laquelle tous les sangliers devront être abattus. La pose d’une clôture, fixe et enfouie dans le sol, débutera dès cette semaine », annonce dans un communiqué la Fédération des chasseurs de la Marne. Dans cette zone, toute activité forestière, économique et de loisir, est interdite dès le 19 janvier. Pour réduire le risque de propagation de la maladie, le dépeuplement des sangliers sera conduit par des actions de chasse particulièrement intensive, suivie par des actions de destruction en fonction des besoins.
« Une mobilisation maximale des chasseurs pour atteindre cet objectif dans la zone blanche est indispensable. L’application des mesures extrêmement fortes et particulièrement douloureuses pour les gestionnaires de territoires concernés par l’éradication des sangliers dans la zone blanche relèvent de notre devoir de gestionnaire de la faune. La réussite de ce plan conditionne le maintien  indemne de PPA  pour la France. Il en va de l’avenir de la filière porcine mais aussi de notre activité « chasse » nationale. », souligne Jacky Desbrosse, président des chasseurs marnais et du Grand Est.
« La zone est quadrillée depuis le début de cette crise par les chasseurs, l’activité des patrouilles de surveillance a été renforcée. Il faut faire le maximum pour conserver le statut « indemne » de la France. Les mesures de biosécurité doivent continuer à être respectées scrupuleusement comme c’est le cas, depuis le début de la crise », ajoute la Fédération.

En cours de construction

Après la découverte de sangliers atteints de peste porcine africaine en Belgique en septembre, une clôture a été mise en place pour contenir la maladie. Cependant, deux nouveaux cas positifs ont été confirmés le 8 janvier en dehors de la zone, à proximité de la frontière française, ce qui a engendré la mise en place d’une organisation de crise et d’un plan d’actions, côté français, annoncé le 14 janvier et détaillé par les services techniques du ministère le 18 janvier. Une clôture est en cours de construction à 6 km de la frontière, côté français, d’une hauteur de 1,5 m, enterrée de 50 cm. Elle vient compléter les clôtures déjà existantes (clôture belge, clôture électrique le long de la frontière), pour un montant de plusieurs millions d’euros, un financement auquel Inaporc, l’interprofession porcine, serait prête à participer. La clôture délimitera d’abord une zone blanche (78,4 km²), puis sera poursuivie de 16,7 km au nord-ouest de la zone, et enfin de 57,6 km, au-dessus des Ardennes.



Risques économiques pour la filière

Une fois la clôture terminée (une dizaine de jours de construction, estiment les services techniques du ministère de l’Agriculture), le plan de chasse serait intensifié de 150 % dans la zone blanche ainsi délimitée, l’objectif étant de diminuer fortement la population de sanglier et de limiter ainsi la propagation de la maladie. La peste porcine africaine est en effet très virulente, et aucun traitement n’existe pour la prévenir ou la guérir. Or, les risques économiques sont importants pour la filière porcine, puisque les sangliers peuvent transmettre la maladie aux porcs. D’autant plus que les pays tiers ferment leurs frontières aux importations de porc même quand seuls les sangliers sont contaminés, comme c’est le cas en Belgique.
La France exporte 700 000 tonnes de porc, dont 246 000 tonnes vers les pays tiers. En cas de contamination par la peste porcine africaine, ce sont 35 % des volumes qui seraient ainsi pénalisés. Les négociations se poursuivent avec les pays tiers, notamment la Chine, pour faire accepter une régionalisation en cas de contamination, mais ce point reste difficile, indique le ministère.

Pas transmissible à l'homme

Le virus de la peste porcine africaine n’est pas transmissible à l’homme. Il ne touche que les suidés (porcs et sangliers) chez lesquels il entraîne une forte mortalité. Originaire d’Afrique, cette maladie est présente en Europe orientale depuis quelques années déjà. Elle a tout récemment poursuivi sa progression vers l’Europe de l’ouest et la France.


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