Pomme de terre : les coûts de production à la hausse

Par Rédaction La Marne Agricole, le 29/01/2019 (mis à jour le 30/01/2019 à 11:32)
Pomme de terre : les coûts de production à la hausseL’UNPT a récemment fait le point sur les sujets d’actualité.
  • Les producteurs de pomme de terre ont tiré le bilan d'une année riche en aléas climatiques. © V.M.
L’UNPT a récemment fait le point sur les sujets d’actualité.
 

L’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) a fait le point, le 21 janvier, sur la campagne 2018/2019, après une année d’aléas climatiques importants. Les rendements sont particulièrement catastrophiques pour la fécule, car malgré des surfaces reparties à la hausse (24 350 ha), la production risque de rester en dessous du million de tonnes, avec des rendements moyens autour de 40-41 t/ha, alors que le marché est toujours en croissance (notamment en raison du développement de la demande pour l’amidon modifié). La production de pommes de terre de conservation (frais et industrie) dépasse 5,8 Mt, ce qui n’est pas particulièrement mauvais, mais le chiffre masque les bas rendements, compensés par l’augmentation des surfaces. La baisse de production est généralisée dans les grands pays producteurs européens. Les prix sur le marché libre atteignent ainsi 250-300 €/t.
Si la situation est bénéfique cette année aux producteurs qui n’ont pas contractualisé, l’UNPT rappelle l’importance de la contractualisation et propose un contrat type pour soutenir ses producteurs dans la démarche, avec la volonté de redéfinir le facteur climatique pour une meilleure prise en compte des aléas, en plus des indicateurs de coût de production obligatoires depuis la loi EGalim. « Si on a une année juste normale, on aura une offre supérieure à la demande, avec un risque important sur les prix », prévient ainsi Arnaud Delacour, président de l’UNPT.
D’autant que les coûts de production ne baisseront plus, surtout au regard des exigences sociétales accrues et face à la diminution des produits phytosanitaires disponibles. Le diquat, utiliser pour défaner, a ainsi été interdit, et le CIPC (antigerminatif) devrait l’être lui aussi, au niveau européen. L’UNPT est engagée dans le Contrat de solutions, et prépare d’ailleurs une fiche relative au stockage pour la deuxième version du contrat, mais « si demain on nous demande des exigences supplémentaires, le risque ne devra pas être uniquement assuré par les producteurs », estime Arnaud Delacour.
L’interdiction du CIPC pose d’ailleurs un certain nombre de questions à la filière. Celle de la rémanence importante du produit, d’où un travail en cours au niveau européen pour déterminer la LMR (limite maximale autorisée), temporaire et dégressive, celle de la gestion germinative dans les grandes surfaces (faut-il, par exemple, mettre en place une DLUO, comme les Anglais ?), celle des alternatives aux produits… Avec la problématique des coûts que cela implique. Sans compter, également, le problème de l’export vers les pays-tiers, avec des marchés identifiés par la France et qui seront, sans l’antigerminatif, difficiles à atteindre, comme l’Afrique, l’Arabie Saoudite, le Vietnam…
Ces questions, qui se posent au niveau européen, pourront ainsi être discutées à l’occasion du congrès de l’UNPT, le 5 février, à Strasbourg, sur le thème de «  l’Europe, une chance pour la pomme de terre de France ! ».


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