Béatrice Moreau : « pour une agriculture et une viticulture attractives »

Par Richard Cremonini, le 07/03/2019 (mis à jour le 07/03/2019 à 09:38)
Béatrice Moreau : « pour une agriculture et une viticulture attractives »Béatrice Moreau a été élue présidente de la Chambre d’agriculture de la Marne. Pour la première fois, une femme occupe cette fonction dans le département.
  • Béatrice Moreau, 43 ans, est installée depuis 2001 à Marson. Elle exploite 107 ha de grandes cultures. © D.R.
Béatrice Moreau a été élue présidente de la Chambre d’agriculture de la Marne. Pour la première fois, une femme occupe cette fonction dans le département.
 

Vous venez d’être élue présidente de la Chambre d’agriculture de la Marne. Quelles sont vos priorités ?
Tout d’abord de construire une équipe au service de l’agriculture et de la viticulture marnaises. Les priorités sont inscrites dans notre projet : pour une économie agricole et viticole dynamiques, pour le renouvellement des générations, pour une agriculture pourvoyeuses d’emploi et des qualités environnementales qui s’adaptent au changement climatique. Et surtout, une agriculture inscrite et en relation constante avec les territoires.


Le renouvellement des générations est un enjeu important ?
Oui. Il y aura plus de 17 000 emplois à pourvoir en agriculture dans le Grand Est dans les dix années à venir. Il faut travailler pour qu’il y ait des chefs d’exploitation qui s’installent, des salariés dans les fermes et dans les sociétés qui les entourent : les concessions de matériel agricole, les coopératives, l’agroalimentaire… Le renouvellement des générations est un vrai enjeu.


Comment faire la promotion des métiers de l’agriculture ?
Elle ne se fait pas que par la Chambre mais avec tous les acteurs. Chacun doit ouvrir ses portes en grand, dans les exploitations et les entreprises, pour accueillir des gens et montrer nos métiers. Nous devons aussi aller à la rencontre de la société civile en présentant l’écosystème agricole et viticole marnais pour donner l’envie d’y travailler.


Les attentes de la société sont nombreuses (environnement, qualité, bien-être animal, etc.) : comment y répondre ?
Il faut les entendre et les comprendre en discutant. Nous devons expliquer ce que nous faisons déjà. Le message d’Interbev au Salon de l’agriculture était de s’adresser aux flexitariens* en leur proposant de mieux manger de la viande produite par des éleveurs qui respectent une éthique et le bien-être animal. Il s’agit de répondre aux attentes du consommateur et d’expliquer que tout n’est pas atteignable de suite.


À quoi ressemblera l’agriculture marnaise du futur ?
Je n’ai pas de boule de cristal. Elle devra être constituée de femmes et d’hommes présents sur les territoires pour faire vivre les espaces ruraux. Les agriculteurs seront engagés sur les enjeux environnementaux, sociétaux, la bioéconomie, les énergies renouvelables, la lutte contre le réchauffement climatique, le piégeage du carbone… Avec des circuits courts et des circuits plus longs.


Quelles sont vos priorités pour l’AOC Champagne ?
Il faut faire attention au foncier. Le gros enjeu à venir est l’aire d’appellation. De nouveaux équilibres seront à trouver. Les petits viticulteurs doivent avoir leur place face aux grandes maisons. La Chambre d’agriculture doit veiller à accompagner le Syndicat général des vignerons.


De quelle façon accompagner les vignerons champenois vers la viticulture durable ?
C’est un travail collectif avec le Syndicat général des vignerons. La certification viticulture durable permet de répondre aux attentes sociétales sur l’environnement mais elle touche aussi à l’économie. Cela passe par la formation des viticulteurs.


Quel message souhaitez-vous adresser aux exploitants marnais ?
Que nous travaillons pour une agriculture et une viticulture attractives, de progrès, reconnues, en mode projet, qui s’ancrent dans nos territoires et qui les fait vivre. La Chambre sera partenaire et accompagnatrice de l’agriculture et de la viticulture marnaises.


*Un flexitarien est une personne végétarienne qui mange occasionnellement de la viande, elle est flexible dans ses habitudes alimentaires.


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