La Champagne aussi écoute les véganes

Par Rédaction La Marne Agricole, le 08/03/2019 (mis à jour le 11/03/2019 à 09:17)
La Champagne aussi écoute les véganesCes dernières années ont vu émerger des certifications véganes sur le marché champenois. Coup de projecteur sur un mode de vie dont l’influence rejaillit sur les productions agroalimentaires françaises.
  • Il existe plusieurs certifications véganes, chacune portant ses exigences. © G. Perrin
  • Brenda Richard, business developer chez Cidéo Business. © Agence Cidéo
Ces dernières années ont vu émerger des certifications véganes sur le marché champenois. Coup de projecteur sur un mode de vie dont l’influence rejaillit sur les productions agroalimentaires françaises.
 

Aux yeux du grand public, le vin est par essence compatible avec le véganisme. Pour autant, tout n’est pas si simple.
Avant d’être un potentiel marché, le véganisme est avant tout une philosophie de vie.
L’objectif des véganes est de vivre sans faire souffrir les animaux, que ce soit pour se nourrir mais aussi pour se vêtir, se laver, se maquiller, etc. Cela va ainsi de l’exclusion de la viande, du poisson, du cuir, de la laine… et même du miel ! Jugé comme l'exploitation d’un animal.
Un grand nombre de marques voient le jour, ou se certifient pour surfer sur le « mouvement  ». On voit apparaître en grande distribution, des rayons dédiés aux produits véganes, parfois également certifiés bio ou non.

Pourquoi devient-on végane ?

Le véganisme est un mode de vie, plus encore qu’un mode d’alimentation. Il se différencie en cela du « végétarisme  » (qui exclut la viande) et du « végétalisme  » (incluant uniquement les aliments issus du monde végétal).

Les consommateurs sont amenés à devenir végane pour plusieurs raisons : en premier lieu (et pour 70 % des véganes interrogés, selon l’Agence Cidéo) apparaissent la santé et la protection animale. Puis suivent la religion, l’éthique, la protection de l’environnement, les facteurs économiques, le dégoût de la viande… ainsi que la culture.

Un marché en croissance

Si le véganisme est souvent une question d’éthique, son engouement est naturellement porté avec plus ou moins de facilité selon les cultures des différents pays.

Chez nos voisins anglais et allemands, «  on estime à 9 % le nombre de végétariens – les estimations varient de 7 à 11 % pour l’Angleterre –, tandis qu’en France nous sommes un peu moins de 2 % », selon Brenda Richard, business developer chez Cidéo Business.
Dans le détail, 42 % des véganes britanniques ont entre 15-34 ans. 88 % de cette population vit en zone urbaine, dont 22 % à Londres. « Les consommateurs sont de plus en plus avisés sur la réalité de l’industrie agroalimentaire et de ses conséquences sur la santé », poursuit Brenda Richard.
Outre-Rhin, la demande est en hausse : les Allemands sont persuadés qu’une alimentation végane peut comporter des bénéfices nutritionnels. La croissance de ces produits est bien supérieure à la moyenne des autres catégories de produits. Selon bioVista, de 2011 à 2013, le marché est passé de 461 millions d’euros à 630 millions, soit une croissance de 35 %. « Berlin est considérée comme la capitale végane en Europe avec 80 000 adeptes de ce mode de vie », précise la responsable commerciale.
L’Italie compte les plus hauts taux de population végane parmi les pays de l’Union Européenne, en rassemblant près de 10 % des consommateurs.
Côté grand export, l’Inde affiche de bons scores, sans grande surprise, avec 38 % de sa population « végane  ». De même, en Israël, 13 % de la population est végétarienne. Un mode de consommation lié aux principes du judaïsme, qui restreint la consommation de viande. En 2014, Tel Aviv a d’ailleurs été classée comme l’une des villes préférées des voyageurs véganes.
L’avenir appartient certainement aux pays tiers, puisque le podium des pays projetant une croissance du marché végane entre 2015 et 2020 est composé de la Chine, des Émirats Arabes Unis et de l’Australie. (Source : étude de marché menée par Cidéo Business – janvier 2018)

Un label pour les produits véganes

Plusieurs labels et certifications coexistent sur le marché végane. Eve Vegan, The Vegan Society, Vegan Ok, The Vegan Action, European Vegan Union… Nombreux sont les organismes à « certifier » les produits véganes. « Mais attention, prévient Brenda Richard : les logos différent et les cahiers des charges aussi ; ils ne traduisent pas toujours les mêmes conditions ou provenances ! ».

Et la Champagne dans tout ça ?

Pour être officiellement considéré comme « végane », un vin ne doit pas utiliser de produits dont la provenance est animale. Or, l’étape du collage, qui vise à clarifier le vin, peut être réalisée à partir d’ingrédients tirés d’animaux : la liste inclut notamment la gélatine, la colle de poissons, la caséine ou encore le blanc d’œuf. Certaines marques champenoises revendiquent une production végane : Copinet, Leclerc Briant, Legret et Fils, Duval Leroy, etc.

Lorsque les domaines n’affichent pas leur position sur le véganisme, «  le consommateur doit mener l’enquête ou préférer des vins casher afin d’être certain de son choix  », conseille Brenda Richard.
Voici ses conseils sur l’affichage d’un positionnement végane en Champagne : « au même titre qu’une philosophie de culture atypique, telle que peut encore l’être le bio, revendiquer ce parti pris est à double tranchant aujourd’hui encore. Certains consommateurs en seront plus qu’heureux – il y a un segment de marché à prendre ! –, d’autres indifférents, et une partie d’entre eux provoqueront le débat ! Certains cavistes ou importateurs en sont demandeurs lorsqu’ils sont d’ores et déjà implantés sur ce marché de niche : les spécialistes du bio, du sans gluten, du commerce équitable, de la biodynamie, et bien sûr du végane. Dans tous les cas, il faut considérer ce segment comme une niche et s’armer de pédagogie, de patience et d’une communication solide pour attester de sa philosophie ».


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