Farmr, un réseau social pour les agriculteurs

Par Rédaction La Marne Agricole, le 02/08/2019 (mis à jour le 07/08/2019 à 14:09)
Farmr, un réseau social pour les agriculteursDiplômés d’une école de commerce parisienne, Thomas Camboulive et Baptiste Létocart sont des passionnés de la ruralité et de l’agriculture. Conscients du besoin d’échanges entre agriculteurs, ils lancent Farmr.
  • Baptiste Létocart et Thomas Camboulive ont créé le premier réseau social gratuit dédié aux agriculteurs. © D.R.
  • Sur Farmr., pas de pseudos, chacun décrit son exploitation, ses productions, se géolocalise. © D.R.
Diplômés d’une école de commerce parisienne, Thomas Camboulive et Baptiste Létocart sont des passionnés de la ruralité et de l’agriculture. Conscients du besoin d’échanges entre agriculteurs, ils lancent Farmr.
 

C’est dans leur toute jeune vie qu’il faut aller chercher cet intérêt pour la campagne. Né à Paris, Thomas Camboulive a vécu de nombreuses années dans un petit village de la Sarthe. Quant à Baptiste Létocart, il est originaire de Bulles dans l’Oise, où ses grands-parents étaient agriculteurs. Il a gardé des liens très forts avec ce milieu. Thomas et Baptiste se sont rencontrés à l’Ipag Business School.
Les deux amis ont passé de nombreux week-ends à Bulles. « On a fait le constat de l’isolement des agriculteurs. Tous les villages se sont vidés de leurs activités et les agriculteurs se retrouvent isolés. On s’est demandé ce qu’on pouvait faire pour créer du lien entre eux », explique Baptiste Létocart.

L’idée a germé de créer une plateforme numérique gratuite, un réseau social dédié aux agriculteurs. « Les agriculteurs sont plutôt connectés puisque, selon l’une des rares études sur le sujet, 80 % d’entre eux vont quotidiennement sur internet et 30 % sont sur Facebook ou Twitter  », confirme Thomas Camboulive. Mais sur Facebook, ils ne sont pas identifiés comme agriculteurs et font plutôt partie de groupes fermés sur des thématiques agricoles qui les rassemblent.


Transparence et confiance

« Nous voulons proposer un réseau qui ne regroupe que des agriculteurs parfaitement identifiés. Sur Farmr., pas de pseudos, chacun décrit son exploitation, ses productions, se géolocalise. Et pourra ainsi entrer en contact avec d’autres exploitants répertoriés selon leurs productions et leur localité », détaillent les deux jeunes.

L’inscription est gratuite. « Nous refusons de proposer un service payant, avec un abonnement à la clé car c’est souvent le cas des applications censées faire gagner de l’argent aux agriculteurs. Nous tablons sur la gratuité, la transparence et c’est comme cela que Farmr. sera reconnu comme un réseau social de confiance ».
Car l’objectif du site est bien de créer du réseau social et de permettre aux agriculteurs d’établir des liens en partageant des expériences, en trouvant des intérêts communs, en recherchant des partenariats. Un exploitant peut se trouver face à un problème insoluble alors que, peut-être ailleurs, un autre a développé une solution. Comment faire s’il n’existe pas un lieu d’échanges et de dialogue direct ? C’est toute l’ambition de Farmr.
Afin que la crédibilité du site soit assurée, les deux créateurs sont particulièrement vigilants sur les profils des membres. Toutes les exploitations ont été répertoriées en recoupant des données publiques et, chaque exploitation peut être rattachée à plusieurs personnes : les associés et les salariés. « La modération est très forte car nous voulons que les membres soient clairement connus des autres et identifiables. Chacun doit assumer ses publications. C’est le prix à payer pour que la confiance s’instaure ».
Une concurrence avec Twitter ? « Non, nous sommes même membres de FranceAgritwittos. Farmr vise à développer la communication entre agriculteurs alors que Twitter sert plutôt à communiquer auprès du grand public », répondent Thomas Camboulive et Baptiste Létocart. D’ailleurs, Étienne Fourmont, éleveur laitier dans la Sarthe et youtubeur bien connu, a salué la naissance du réseau social en posant avec une casquette siglée Farmr..


Et demain ?

Pour créer leur réseau social, Thomas et Baptiste ont levé des fonds auprès de leur entourage et de la BPI. Puis, ils ont mené une campagne de communication auprès de youtubeurs déjà connus et ont créé un réseau d’ambassadeurs agriculteurs qui testent le site et le promeuvent. Ils comptaient déjà 200 inscrits au 30 juin, quatre jours après le lancement. «  Notre objectif est d’atteindre 5 000 inscrits sur toute la France à la fin de l’année  », confient les deux entrepreneurs.

Parce qu’il est gratuit et est à la croisée de Facebook et de Linkedin, Farmr. devrait séduire les agriculteurs connectés. Déjà des partenariats gratuits sont en cours de discussions avec des groupes de presse pour que les membres aient accès directement aux informations qui les intéressent.
Quant aux fournisseurs de l’agriculture qui se montrent bien entendu intéressés par ce nouveau média, Thomas Camboulive et Baptiste Létocart n’envisagent de leur ouvrir tout de suite les portes de Farmr. « Nous ne voulons pas de publicités sur notre réseau car, on l’a tous vu sur Facebook, les marques sont très fortes pour occuper le terrain. Alors qu’au départ, l’intérêt était de permettre aux consommateurs de dialoguer avec les marques, ce qui a permis de rééquilibrer les relations. À terme, c’est vers cela que nous voudrions tendre. Mais pour l’instant, nous devons développer le réseau afin que les agriculteurs se l’approprient et en fassent un outil social numérique qui aboutisse à des rencontres dans la vraie vie ! Si Farmr pouvait participer à cette grande mutation que vit l’agriculture, nous en serions extrêmement fiers  », concluent Thomas et Baptiste.


Dominique Lapeyre-Cavé


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