Fruits et légumes : maintenir les marchés

Par Richard Cremonini, le 26/03/2020 (mis à jour le 27/03/2020 à 15:50)
Fruits et légumes : maintenir les marchésLa profession est mobilisée pour la réouverture des marchés ouverts.
  • Maraîcher à Saint-Memmie, Patrick Domange était mercredi présent sur le marché couvert de Châlons. © Richard Cremonini
La profession est mobilisée pour la réouverture des marchés ouverts.
 

Alors que les agriculteurs et les commerçants défendent le maintien des marchés alimentaires, le gouvernement a tranché en les interdisant. L’application est effective depuis le mardi 24 mars. Président de Légumes de France, le Marnais Jaques Rouchaussé demande avec force leur maintien. Interrogé sur France Info, il a expliqué que des dérogations étaient possibles si le maire en faisait la demande au préfet, ce qui est le cas à Épernay. Dans la Marne, Reims et Vitry-le-François ont supprimé leurs marchés. Jacques Rouchaussé ne baisse pas les bras pour autant et demande que des espaces soient libérés pour que les marchés forains puissent s’étaler sans promiscuité entre les chalands. Selon lui, tous les canaux de ventes de fruits et légumes doivent être maintenus afin de permettre à la profession de limiter les dégâts. La grande distribution ne doit pas être le seul réseau alors qu’elle s’approvisionne régulièrement hors de France. Au moins quatre enseignes (Leclerc, Système U, Auchan et Intermarché), se sont engagées à privilégier l'origine France sur les fruits et légumes.
À Châlons-en-Champagne, le maire Benoist Apparu a décidé de maintenir le marché couvert. Mercredi 25 mars au matin, les commerces alimentaires étaient regroupés sous la halle et aucun n’était installé à l’extérieur. Tous n’avaient pas répondu présent pour autant. Les consignes de sécurité étaient respectées. Les vendeurs portaient un masque et les clients se tenaient à bonne distance les uns des autres. À l’entrée de la halle, un employé municipal pointait le nombre de clients qui entraient et sortaient. L’affluence des beaux jours n’était pas là, mais l’activité était maintenue.
Producteur à Saint-Memmie, Patrick Domange a ouvert avec sa salariée : « la vente directe représente le quart de mon chiffre d’affaires, c’est indispensable à mon activité ». Depuis le début de la crise sanitaire, le maraîcher a perdu plusieurs marchés. Il fournissait des établissements scolaires et des restaurateurs en légumes, et des jardineries en plants. Patrick Domange s’inquiète aussi pour la vente de fleurs aux communes. Beaucoup de questions restent sans réponses. La durée de la crise impacte directement ses ventes mais aussi sa production. Doit-il semer aujourd’hui sans être certain de vendre demain ? Son banquier lui propose un prêt à 0,85 % remboursable en trois ans. Mais comment rembourser quand on ne gagne pas d’argent et qu’au contraire on en perd ?


La FNSEA mobilisée

Après l’interdiction des marchés ouverts, la FNSEA se mobilise pour obtenir des dérogations qui pourront être accordées par le préfet, à la demande des communes. « Oui, nous pourrons maintenir les marchés ouverts à condition de respecter les gestes barrières et les distances », a déclaré Christiane Lambert. Elle a annoncé dans la foulée la rédaction d’un guide de bonnes pratiques pour les professionnels des marchés sur le respect des règles de sécurité sanitaire. Élaboré avec la Fédération nationale des marchés de France, l’APCA et les Jeunes Agriculteurs, il sera proposé aux maires pour les rassurer. « Le risque de contamination n’est pas plus élevé que dans les autres formes de commerce. Au contraire, en maintenant la diversité des points d’approvisionnements, nous évitons les regroupements de consommateurs propices à la propagation du virus », soulignent ces organisations professionnelles. En ajoutant que « maintenir les marchés, c’est aider les populations les plus fragiles, les plus démunies, les plus isolées  », notamment celles qui n’ont pas de moyens de locomotion pour se rendre dans les centres commerciaux.


MSA : report des cotisations sociales sans pénalité

Pour soulager la trésorerie des agriculteurs confrontés à la crise de Codiv-19 et à ses impacts économiques, la MSA a mis en place un dispositif exceptionnel d’accompagnement pour le paiement des cotisations sociales. Ainsi le prélèvement des cotisations peut être reporté sans pénalité pour les exploitants et les chefs d’entreprise dont l’échéance de paiement est comprise entre le 12 et le 31 mars. Cette mesure de report s’applique dans les mêmes conditions aux cotisations dues dans le cadre d’un échéancier de paiement.


Lancement de campagne très difficile pour les producteurs de fraises et d’asperges

C’est la saison des fraises et des asperges, les premiers fruits et légumes de printemps tant attendus. Et pourtant, s’il y a de la production en quantité et en qualité, « le contexte actuel fait que les produits frais et notamment les fraises, sont délaissés !  » constate Fraises de France. Problème de main-d’œuvre pour la récolte, problème d’acheminement des produits, « cette situation peut devenir catastrophique et fait craindre le pire aux producteurs français pour la pérennité de leurs exploitations ». La situation est tout aussi tendue pour le marché de l’asperge. FranceAgriMer a déclaré l’asperge et la fraise en situation de crise conjoncturelle.


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