Vous avez dit « agroécologie » ?

Par Rédaction La Marne Agricole, le 04/11/2020 (mis à jour le 06/11/2020 à 11:19)
Vous avez dit « agroécologie » ?Avec la remise en cause du modèle agricole « intensif », de nombreux concepts ont émergé, dont l'agroécologie. Un mot-valise qui recouvre différentes approches.
  • Semis direct sous couvert : une technique agroécologique. © G. C.
  • Biodiversité et diversité des productions participent de l'agroécologie.
© G. C.
Avec la remise en cause du modèle agricole « intensif », de nombreux concepts ont émergé, dont l'agroécologie. Un mot-valise qui recouvre différentes approches.
 

C’est un terme né dans les années 1930 et dont le contenu a évolué au cours du temps et des pays où elle est pratiquée. Selon la définition du ministère de l’Agriculture, l’agroécologie est un système de production s’appuyant sur les fonctionnalités des écosystèmes et des équilibres naturels. C’est un ensemble de pratiques basées sur l’agronomie (science de l’agriculture) et de l’écologie (science de l’environnement). Elle vise trois grands objectifs : maintenir ou restaurer la fertilité du sol,
prendre en compte les questions environnementales et assurer une production en quantité et en qualité. Pour atteindre ces objectifs, l’agroécologie s’appuie sur une approche globale du système de production, sur les interactions biologiques (auxiliaires, rotations…) et sur la préservation des ressources naturelles (eau, sol, biodiversité). Elle repose sur la compréhension du fonctionnement des agrosystèmes pour neutraliser les effets négatifs des ravageurs.

Des applications sur le terrain

Sa traduction sur le plan opérationnel consiste à mettre en œuvre un ensemble de techniques combinées entre elles. Les deux principales sont la couverture maximale ou permanente des sols et la réduction voire la suppression du travail du sol. On les retrouve dans les TCS (techniques culturales simplifiées) et dans l’agriculture de conservation. Cependant à elles seules ces pratiques ne suffisent pas à atteindre les objectifs de l’agroécologie. Il faut travailler sur l’allongement des rotations, la diversité des cultures, le choix de variétés résistantes… La restauration de la biodiversité est également un élément essentiel :
bandes intercalaires, taille des parcelles, haies… La présence d’un élevage dans le système de production est un atout pour atteindre les grands équilibres. Dans la reconstruction du système de culture on utilise également les nouvelles technologies : produits de biocontrôle, outils de pilotage et toutes les ressources du numérique et des biotechnologies. Cependant, elles ne sont qu’un complément aux techniques énumérées précédemment.
De nombreux agriculteurs pratiquent déjà des éléments de l’agroécologie, mais rares sont ceux qui ont atteint une modification totale du système.

Une conception élargie, voire philosophique

Dépassant un ensemble de techniques de production respectueuses de l’environnement, l’agroécologie représente pour certains une autre approche de l’agriculture. Conception que l’on retrouve par exemple dans l’agriculture biologique… Elle peut être aussi une philosophie, un mode de vie caractérisé dans différents mouvements, plutôt d’origine urbaine : la permaculture, les colibris, les nouveaux modes de consommation…
Au-delà des questions sociétales, l’agroécologie fait partie des politiques publiques, elle est promue par la FAO à l'échelle mondiale, avec un souci de produire suffisamment pour nourrir l’humanité, mais en tenant compte des enjeux environnementaux.

Gérard Cattin


Vos réactions :

Accès abonnés
Accès abonnés
Edition numérique
Journal en ligne
Annonces légales
Annonces légales
Abonnez-vous
Abonnez-vous