Implantation des cultures intermédiaires

Publié le 01/08/2016
  • Le choix des mélanges Les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à rechercher les bénéfices agronomiques d’une interculture.
    © C. Gloria



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Des mélanges pour gagner des points

Publié le 01/08/2016

Semences de France constate que les mélanges se démocratisent, grâce à leurs atouts.

« Avant, 80 % des surfaces en Champagne recevaient de la moutarde en interculture. Aujourd’hui, cela ne représente plus que 50 % », annonce Philippe Arnold, responsable de la zone Nord-Est chez Semences de France. La moutarde « pure  » n’est donc plus l’espèce choisie en priorité. «  La tendance a changé depuis une dizaine d’années, analyse le spécialiste. La tendance est désormais aux mélanges  ».

Un choix raisonné

Ce changement de pratique s’explique, entre autres, par la réglementation des SIE, qui « a poussé les agriculteurs à s’orienter vers des mélanges d’au moins deux espèces  ». Ils sont par ailleurs de plus en plus nombreux à rechercher les bénéfices agronomiques. « Beaucoup raisonnent désormais leur choix de couverts, constate le représentant de Semences de France. Ils intègrent la culture suivante, et même toutes les cultures présentes dans leur rotation, pour définir les espèces et les variétés qui sèmeront en interculture ». Ces exploitants visent entre autres un bénéfice majeur : l’effet azote.

15 à 20 unités en plus

« Cet effet azote se mesure, indique Philippe Arnold. On sait par exemple qu’un mélange à fort potentiel agronomique bien chargé en légumineuses va apporter à la culture suivante 25 à 40 unités d’azote  ». C’est nettement plus qu’une moutarde très tardive, détruite à temps, qui apporte une vingtaine d'unités d'azote. Quant aux mélanges dits « réglementaires  » (mélanges de deux espèces classiques dans l’unique but d’être déclarables en surface SIE), les gains en azote sont du même ordre que pour une moutarde. « Ces mélanges sont le plus souvent composés d’une moutarde et d’une autre espèce. En Champagne, on rencontre souvent la combinaison moutarde + trèfle d’Alexandrie mais la moutarde étant une plante très concurrentielle, le bénéfice du trèfle en terme agronomique est faible », estime le spécialiste. Pour lui, l’agriculteur qui souhaite réellement bénéficier de l’effet azote sur la culture suivante doit opter pour un mélange à fort potentiel agronomique. « Il y a 15 à 20 unités d’azote à aller gagner », insiste-t-il.

Trois niveaux de prix

Choisir une espèce ou un mélange d’espèces ne représente toutefois pas le même coût. «  Il y a trois niveaux de prix  », constate Philippe Arnold. Pour le spécialiste, une moutarde coûtera environ 12 à 20 euros de l’hectare. À l’autre extrémité, un mélange agronomique (3-4 espèces) coûtera plus de 40 euros l’hectare. Et entre les deux, un mélange dit « réglementaire  » se positionnera entre 20 et 30 euros l’hectare. « Ces mélanges réglementaires, qui se composent de deux espèces pour être déclarables en surface SIE mais dont les impacts agronomiques sont faibles, ont tendance à se développer, observe le représentant de Semences de France. Depuis peu, il existe un vrai marché et il ne faut par le sous-estimer  ».

Anne Rolin

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